Quand le désir sexuel s'épuise... Pourquoi ce sont si souvent les femmes qui se sentent profondément coupables au sein d'un couple ?
Encore influencées par des normes patriarcales vivaces, les femmes s'attribuent souvent la responsabilité de la dégradation des rapports sexuels conjugaux. Le phénomène du "burn-out sexuel", analysé par la sexologue Alexandra de Troz décrit ainsi une déconnexion progressive des relations intimes.

- Publié le 23-06-2026 à 08h00

Héritières des diktats du passé, dont celui de tout mettre en œuvre pour satisfaire son époux, la grande majorité des femmes qui font appel à un ou une psychosexologue se sentent profondément coupables si elles ne parviennent pas à répondre aux “besoins” sexuels de leur partenaire.
“Raison pour laquelle elles consultent habituellement seules”, explique la sexologue Alexandra de Troz. En l’absence d’études scientifiques sur le sujet, elle émet l’hypothèse que le burn-out sexuel, phénomène qu'elle a exploré dans son livre Le burn-out sexuel (L’Harmattan), est un processus de désengagement progressif et durable des relations sexuelles et intimes qui découlerait de la répétition de consentements sans désir et sans plaisir.
En quoi les femmes méconnaissent-elles encore profondément leur propre corps ?
Par ailleurs, un élément connexe contribue à entraver l’expression du plaisir : l’étonnante méconnaissance que beaucoup de femmes ont de leur propre anatomie, en particulier du clitoris.
L’anatomie féminine a été longtemps présentée sous le prisme reproducteur et la sexualité de la femme, entourée de mythes tels que la prédominance du vagin. Après une éclipse de plusieurs dizaines d’années, le clitoris est revenu sur le devant de la scène en 2005 grâce à des travaux en IRM menés par l’urologue australienne Helen O’Connell.
Les normes du patriarcat ont-elles encore le même poids ?
Ces études ont permis à des femmes de se réapproprier quelque peu le principal organe dédié à leur plaisir sexuel. “Que les femmes prennent du plaisir par la pénétration est loin d’être systématique. L’orgasme vaginal est en fait un orgasme clitoridien”, souligne encore l’auteure de Burn-out sexuel.
Le patriarcat et le poids de l’éducation ont été des obstacles à la connaissance du corps. Même si les temps commencent à changer, les injonctions éducatives qui touchent les femmes (bien se tenir, croiser les jambes, ne pas parler trop fort…) ont fait le lit, chez nombre d’entre elles, d’une forme de pudibonderie, de honte et par la même d’une certaine prise de distance par rapport à une sexualité décomplexée, jugée trop “animale”.
