Graspop Metal Meeting 2026: la jeunesse a pris le pouvoir samedi
Avec les prestations de Bring Me The Horizon et Bad Omens, le festival de metal campinois a clairement pris une nouvelle direction.
- Publié le 21-06-2026 à 10h20
Beaucoup se sont émus lors de la présentation de l’affiche de la 29e édition du Graspop Metal Meeting de l’absence d’une tête d’affiche de renom. Mais même si la remarque est totalement justifiée, Bring Me The Horizon a démontré qu’il n’avait certainement pas usurpé sa place au sommet de l’affiche de la troisième et avant-dernière journée du festival. Les Anglais ont littéralement mis le feu sur scène tant au sens propre grâce à de gros effets pyrotechniques qu’au figuré où le public n’a cessé de communier avec le groupe en multipliant les pogos et circle pits.
Le gros show Bring Me The Horizon

L’extraordinaire jeu de lumières utilisé sur scène en a mis plein les mirettes dès les premières notes de DArkSide. La production scénique massive avec écrans géants et effets visuels à foison ont démontré que cette tournée de Bring Me The Horizon a été particulièrement calibrée pour les gros festivals. Les festivaliers du Graspop en ont bien profité.

Pendant une heure et demie, Oli Sykes et ses acolytes ont livré une prestation remarquable saluée par un public déchaîné. Le groupe a privilégié ses albums les plus récents dans sa setlist mais n’a pas omis ses classiques comme Shadow Moses et Kingslayer où les membres de Baby Metal ont fait une apparition soudaine sur scène. Et même la violente averse de pluie qui s’est abattue sur la plaine campinoise n’aura pas eu raison des festivaliers qui sont restés en masse jusqu’au bout du show à 1h30.
Bad Omens : une première réussie

Les jeunes de Bad Omens n’ont pas démérité non plus pour leur première apparition au Graspop. Le challenge n’était pourtant pas mince tout en haut de l’affiche. Le concert, très visuel lui aussi, a été programmé en cinq séquences divisées par les interludes cinématographiques de changements de vieilles cassettes audio ; ce qui a quelque peu cassé le rythme du spectacle même si le public a repris en chœur et à l’unison un titre comme The Death Of Peace Of Mind, ou Limits.
Le groupe bénéficie d’une belle aura auprès du jeune public qui n’a cessé de chanter à tue-tête sur “Just Pretend” ou “Left For Good”. Une prestation 5 étoiles même si Noah Sebastian, le chanteur, a, de son propre aveu, regretté de devoir lutter avec un rhume tenace. “On essaye de créer une ambiance mystérieuse mais avec mon rhume, ce n’est pas très cool”, s’est-il excusé auprès des fans quie ne lui en ont nullement tenu rigueur.

Les guitares tendues d’Architects
Les festivaliers attendaient de pied ferme aussi la prestation de Architects afin de savoir si les titres du dernier album “The Sky, The Earth & All Between”, fonctionneraient aussi bien sur les planches du Graspop que les anciens titres. Et on a pu répondre par l’affirmative tant derrière ses aspects de gendre idéal, Sam Carter a livré une prestation vocale remarquable appuyée par des riffs de guitare ciselés et une rythmique percutante sur Animals repris en chœur par le public ou Seeing Red où Sam Carter a exhorté la foule à bouger tant et plus.
Queensrÿche sauve la mise

La nouvelle orientation musicale du festival a été opérée avec succès. Les vétérans de Queensrÿche, de Sonata Arctica et de Vicious Rumors ont été relégués sur une Jupiler Stage envahie par les festivaliers plus âgés qui ont apprécié les classiques de titres de Queensrÿche des années 1990 que sont devenus Empire, Revolution Calling, Operation Mindcrime ou les plus anciens Warning et Queen Of The Reich.
Une prestation à tirer du lot
À ce titre, la prestation de Todd La Torre, le remplaçant de Geoff Tate depuis 2012, a été remarquable de justesse et de précision. Car depuis toutes ces années, le groupe actuel poursuit son bonhomme de chemin autour des deux membres originels Michaël Wilton (guitares) et Eddie Jackson (basse) pendant que Geoff Tate poursuit, de son côté, sa carrière en interprétant notamment l’album Operation Mindcrime dans son intégralité. Ce qui a forcé Todd La Torre à ponctuer le concert en affirmant : “Merci pour votre accueil. Nous sommes Queensrÿche ! Le seul et l’unique…”

Toujours du black metal
Dans le chapiteau du Marquee, Corrosion of Conformity aura livré un set puissant et énergique mais la surprise est surtout venue d’Ellende, groupe de black metal autrichien qui fait peser une atmosphère lourde et noire grâce à un set remarquable de puissance.
Sur les scènes principales, les festivaliers ont aussi beaucoup apprécié la prestation scénique d’Ice Nine Kills marquée par des scènes des plus grands films d’horreur (Massacre à la tronçonneuse, Saw, …) mimées par quelques figurants qui accompagnaient le groupe sur scène. Three Days Grace a salué aussi le retour de son guitariste-chanteur qui a profité de la tribune qui lui était offerte pour remercier les autres membres du groupe d’avoir continué à faire vivre le groupe sans lui.
Sepultura fidèle à sa légende
Juste avant cela, Sepultura a offert une très bonne prestation scénique… de 50 minutes avec des titres comme “Kaiowas”, “Refuse/Resist”, “Ratamahatta” ou “Roots Bloody Roots”. Et cela même si ce bon concert a forcément souffert de la comparaison que les festivaliers n’ont pas manqué de faire avec le concert des frères Cavalera donné la veille autour de l’album mythique de Sepultura “Chaos AD”. Prestation que les frangins brésiliens n’ont d’ailleurs pas pu livrer ce samed au Hellfest en raison d’un accident de car qui a bien failli leur coûter la vie…
Fort heureusement, il n’en a rien été. Et le dernier jour du Graspop avec Def Leppard et Sabaton en tête d’affiche, pourra se dérouler dans la joie et l’allégresse…