Clavier personnalisé ou mécanique : quels sont leurs atouts ?

Les touches grises, blanches ou noires, c’est du passé. Désormais, cet accessoire indispensable se customise dans les moindres détails, et certains sont prêts à dépenser des petites fortunes pour sortir du lot.

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Longtemps négligé par les designers, le clavier se refait une beauté. © Adobe Stock

En 2016, Apple dévoile son nouveau MacBook Pro, un ordinateur portable qui fait le plein de nouveautés: meilleur écran, plus de puissance, bref des mises à jour attendues, pour une machine qui évolue tous les deux ans. Mais sans le savoir, la marque à la pomme va également commercialiser “une de ses pires erreurs de design” selon le journaliste spécialisé John Gruber. À savoir le “clavier papillon”, un clavier au mécanisme entièrement repensé et anti-poussière, qui devait conserver une frappe confortable tout en ­permettant d’affiner le châssis de la machine. En réalité, il s’agira d’un monumental fiasco. La membrane anti-poussière n’est pas efficace, les touches se coincent, les réparations sont nombreuses, et l’entreprise est attaquée en justice. Résultat, et fait assez rare pour le souligner, la firme de Cupertino présente ses excuses et fait marche arrière, en ­revenant à son mécanisme précédent, certes moins fin, mais plus fiable.

Ce qui ne pourrait être qu’un simple caillou dans la chaussure (ou une poussière dans les claviers) d’Apple marque en réalité un changement de taille dans notre perception et notre utilisation du ­clavier. Là où les souris ont connu leur révolution, notamment grâce aux souris gaming, plus précises et toujours plus ergonomiques, l’évolution du clavier est quant à elle restée plus discrète, pour ne pas dire oubliée des accessoiristes. Tout au plus, il a bénéficié de nouveautés anecdotiques, comme ces fameux claviers RGB qui s’illuminent de toutes les couleurs. Pourtant, sans le savoir, l’avenir du ­clavier était déjà connu. Il suffisait de regarder en arrière...

Quelles différences ?

Le clavier mécanique, la voilà, cette nouveauté qui n’en est pas vraiment une. Différents des claviers à membrane, ces claviers qu’on pourrait qualifier de “claviers à l’ancienne” offrent une frappe franche, réactive et bruyante (il faut bien l’avouer). Mais c’est en partie ce qui fait son charme, et sur ­TikTok, les fans d’ASMR ne s’y trompent pas. Les vidéos de tapotage de claviers mécaniques, qui viennent titiller l’ouïe des utilisateurs, sont en effet nombreuses. Rassurez-vous cependant, il ne s’agit heureusement pas de son unique atout.

Au-delà du son qu’il produit, de la sensation de frappe qu’il offre (moins molle, comme sur les ­claviers pré-2000) et de sa réactivité appréciée des gamers, le clavier mécanique est surtout personnalisable. Et on ne parle pas ici de la couleur des ­touches ou de leur configuration en AZERTY ou QWERTY, mais bien d’une modification touche par touche, et ce dans les moindres détails.

La sensation de frappe est ainsi extrêmement variée, même si l’on distingue principalement trois types de “switches” (soit le mécanisme situé sous la touche): le linéaire, qui offre une frappe fluide et sans à-coup; le tactile, qui propose un retour afin de savoir où en est la course de la touche; et le ­clicky, avec des touches encore plus audibles. Une fois le type de mécanisme choisi, place aux “keycaps”, soit la touche à proprement parler. C’est ici qu’entre en jeu la couleur, mais également la forme, le profil ou la matière. Car sur un clavier personnalisé, tout ce qui concerne les petites ­touches en plastique a son importance, vous l’aurez compris. Du côté des matériaux, on retrouve des touches en ABS ou en PBT (acrylonitrile butadiène styrène et polytéréphtalate de butylène, respectivement), ce dernier étant plus résistant aux frottements des doigts. Adieu donc les touches qui deviennent brillantes et lisses avec le temps. Le profil de la touche est également paramétrable. Sa hauteur et sa taille seront à prendre en compte pour plusieurs raisons: pour le son (une touche haute produira un son plus prononcé); pour son ergonomie (une touche basse “cassera” moins votre poignet) et enfin pour la place disponible sur le boîtier qui les accueillera. Dernière grande étape (on vous épargne les différents types de montages, les stabilisateurs ou encore la plaque de maintien): le choix du boîtier. En bois, lumineux, transparent, ou compatible avec des briques Lego (oui, ça existe, et c’est signé MelGeek), là aussi les possibilités sont quasiment infinies. La force et l’atout du clavier mécanique, c’est qu’il permet à chacun d’être unique et d’exprimer sa créativité. À condition que le budget le permette.

Scrabble, Star Wars et Pokémon

Évidemment, cette nouvelle tendance venue tout droit d’Asie (et qui a vu sa popularité exploser aux États-Unis et en Europe dans un second temps) a très vite attiré les constructeurs. Et à travers eux, c’est tout un marché juteux qui a vu le jour, allant de la simple déclinaison marketing aux produits en édition limitée. Citons par exemple un clavier dont les touches sont inspirées des pièces du ­Scrabble (160 dollars). Un clavier Star Wars officiel, avec des touches en Aurebesh, l’alphabet de la saga (250 dollars). Ou encore des touches en elfique ou khuzdul, deux langues du Seigneur des Anneaux (130 dollars). Mais ce n’est pas tout. Des créateurs indépendants ont également pris part à ce marché. Sur la boutique Etsy, on compte plus d’un millier de références, allant de la touche Pokémon en résine (à 40 euros la pièce!) à de simples touches en couleur, en passant par des touches en 3D (qui ne doivent pas être très pratiques, mais soit). Bref, difficile de ne pas trouver son bonheur.

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