Le Google européen proposé par Marine Le Pen, une fausse bonne idée?

Lors du débat de l’entre-deux-tours face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen a affiché sa volonté de créer un « Google européen ». Une idée loin d’être originale dont les tentatives précédentes ne sont pas glorieuses.

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Au moment d’aborder la thématique des nouvelles technologies lors du débat de l’entre-deux-tours, Marine Le Pen a pris la parole pour une proposition. "Le Google européen, ça fait des années qu’il aurait dû être lancé. Cela fait des années qu’on aurait dû avoir une réflexion sur le fait de conserver nos données sur le territoire européen", a-t-elle martelé. Une idée tout sauf innovante. Des tentatives ont déjà été faites par le passée.

Deux Google européens, deux échecs

La candidate du Rassemblement national semble avoir oublié que la France a déjà créé un moteur de recherche à deux reprises. Mais impossible de rivaliser avec le géant américain.

En 2008, Quaero ("je cherche" en latin) est lancé. Une initiative bleu-blanc-rouge, soutenue par l’Allemagne, dont l’ambition était d’offrir un moteur de recherche nouvelle génération made in Europe. Après cinq ans et 200 millions d’euros investis, le projet se termine sans être parvenu à faire de l’ombre à Google.

Mais en France, on ne se laisse pas abattre pour si peu. Nouvelle tentative en 2013 avec Qwant, un Google français respectueux des données privées des utilisateurs. L’accueil est chaleureux. Qwant devient même en 2020 le moteur de recherche par défaut des ordinateurs de l’administration française. Mais quelques problèmes viennent lui donner du fil à retordre. La majorité des résultats affichés proviendraient de Bing, le moteur de recherche de Microsoft. Une enquête de Médiapart parue en 2019 pointe des insuffisances techniques de l’entreprise. Financièrement, le moteur de recherche ne parvient pas à être à l’équilibre accusant des pertes supérieures aux recettes.

Marine Le Pen, à côté de la plaque?

En affirmant qu’il faut créer un Google "au niveau européen", Marine Le Pen sous-entend que c’est le rôle de l’Union de fonder un moteur de recherche. Or, ce n’est pas le cas. L’Europe peut, en revanche, soutenir financièrement une initiative lancée par des entrepreneurs. Et dans son programme numérique, elle ne mentionne aucun investissement dans ce sens, préférant se concentrer sur la notion de "souveraineté numérique". Bref, un Google européen est un projet poussiéreux que la candidate ne pourra pas imposer si elle est élue.

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