Picoprojecteurs: le cinéma en mode portable

Netflix sur son smartphone ou son ordinateur portable, c’est de l’histoire ancienne. Avec la démocratisation des projecteurs, le cinéma s’invite dans les foyers et se miniaturise jusqu’à se glisser dans une poche.

Picoprojecteurs: le cinéma en mode portable
@ D.R.

Regarder des films sur grand écran pour moins de 300 euros, c’est désormais possible grâce aux ­picoprojecteurs. Derrière ce nom quelque peu barbare se cachent des vidéoprojecteurs tenant le plus souvent dans le creux de la main et proposant un accès simplifié et direct à de nombreuses plateformes de streaming. Autrefois gadgets de téléachat, les picoprojecteurs ont évolué au fil des années au point de s’imposer comme une alternative crédible (et nomade) aux téléviseurs. Mais tous ne se valent pas et se diriger vers un appareil trop basique pourrait vous gâcher l’expérience du grand écran à la ­maison. Voici donc les points importants à prendre en compte pour faire le bon choix.

La luminosité

C’est un des points les plus importants lors de l’achat d’un projecteur classique. Ça l’est d’autant plus pour un picoprojecteur. De taille réduite, le pico ne sera pas en mesure d’émettre autant de lumière qu’un projecteur plus imposant, et ne peut s’appuyer sur une ampoule puissante. Pour aider dans la miniaturisation de l’appareil, les constructeurs optent le plus souvent pour un éclairage LED, dont l’intensité lumineuse est plus faible. Cela ne signifie pas que l’image ne sera pas de bonne qualité (il existe des picoprojecteurs Full HD). Mais cela vous obligera à utiliser le pico dans un environnement sombre, voire complètement obscur. N’espérez donc pas utiliser votre pico en pleine journée sans fermer les rideaux.

Concernant les lumens, cette unité photométrique qui permet de définir la puissance de la lampe de projection, leur valeur est indiquée sur la fiche technique des picoprojecteurs, mais elle a moins d’importance que pour un projecteur classique. Aucun picoprojecteur ne sera en mesure de diffuser une image dans un environnement éclairé, et ce peu importe sa puissance sur le papier. Mais afin d’avoir un point de référence, n’espérez rien de phénoménal en dessous de 300 lumens.

Le trapèze

Qui dit appareil nomade dit positionnement qui évolue. Un picoprojecteur ne se fixera pas au plafond et ne sera pas toujours placé au même endroit. Ce qui signifie qu’il faudra recalibrer l’image lors de chaque déplacement. D’où l’importance du trapèze. Il est parfois impossible d’installer le projecteur en face du mur de projection, c’est pourquoi certains modèles proposent un outil très pratique pour obtenir une image parfaitement rectangulaire: la correction du trapèze. Cela permet de corriger l’angle de projection, si l’appareil n’est pas dans l’axe du mur ou de la toile. Une correction numérique est alors appliquée à l’image, en compressant les pixels, ­donnant l’illusion d’une image parfaitement rectangulaire. Veillez donc à choisir un picoprojecteur qui offre cette option primordiale, au risque de vous retrouver face à une image déformée.

La distance de projection aura également un impact sur l’image (et sa luminosité). Selon la configuration de votre pièce (très peu de recul, par exemple), il faudra peut-être vous tourner vers un modèle capable de projeter une grande image dans une distance plus courte. Idéalement, ces réglages qui seront utilisés très souvent devront être simples d’utilisation et ­faciles d’accès au sein du menu de l’appareil.

Le son

De nombreux picoprojecteurs sont équipés d’un haut-parleur intégré, afin de pouvoir les utiliser dans n’importe quelles conditions. Mais attention, la taille de l’appareil, qui est un avantage, peut vite devenir un inconvénient lorsqu’il s’agit du son. Entre le bruit de la ventilation, et la taille réduite du haut-parleur, il sera difficile d’atteindre un son à la hauteur de l’image. D’où l’intérêt de pouvoir y brancher des enceintes externes ou un casque, avec ou sans fil, pour un son plus saisissant, et moins “métallique”.

La connectique

Idéalement, un picoprojecteur se doit d’offrir une connectique variée, pour une utilisation simple. Un port HDMI vous permet d’y brancher une box TV ou une clé de streaming comme un Chromecast de Google ou un Fire Stick d’Amazon. Un port USB vous offre un accès à des fichiers stockés sur une clé USB ou un disque dur. Un port jack vous permet de brancher un casque ou des enceintes. Et sur certains modèles, il sera même possible de ­brancher directement votre smartphone.

Un picoprojecteur doté d’une connexion Wi-Fi solide et du Bluetooth sera encore plus polyvalent et multipliera les manières de regarder du contenu. Enfin, pour encore plus de facilité, sachez que certains modèles proposent une interface Android TV avec un accès direct à des plateformes telles que Netflix ou Disney+. Pratique si vous souhaitez conserver l’utilisation de votre smartphone durant le visionnage.

Quant à l’alimentation, un modèle fonctionnant sur batterie peut être utile selon les cas. De nombreux picoprojecteurs sont capables de projeter du contenu pendant plus de deux heures sur une seule recharge. Pratique en extérieur, si vous souhaitez organiser une soirée ciné en plein air.

Le prix

Il existe des picoprojecteurs à tous les prix, notamment en ligne, où les sites comme Wish et ­AliExpress promettent monts et merveilles à prix cassés. Sans pour autant se ruer sur les modèles à plus de 600 euros, on vous conseille néanmoins d’éviter les offres trop belles pour être vraies. Un picoprojecteur à moins de 150 euros pourra difficilement offrir une image de qualité.

Mais pas de panique, il existe des appareils très recommandables dans une fourchette de prix abordable. Comptez entre 250 et 450 euros pour un modèle de qualité, chez des fabricants réputés comme Optoma, XGIMI, les Nebula de Anker ou encore Philips et sa gamme PicoPix. De plus, ­YouTube regorge de tests qui vous donneront un bon aperçu des véritables capacités techniques de nombreux modèles.

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