Facebook devient Meta

Ce n'est pas le réseau social qui change de nom, mais sa maison mère. Meta se veut l'avenir d'internet.

Facebook devient Meta
Belga

Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, a annoncé jeudi que la maison mère allait désormais s’appeler Meta, pour mieux représenter toutes ses activités mais le nom des différents réseaux restera inchangé. L’entreprise Facebook incorpore des dizaines de sociétés dont WhatsApp et Instagram.

Le fondateur du géant des technologies, accusé de faire passer les profits avant les humains par une lanceuse d’alerte et de nombreux élus, a choisi « meta » – « au-delà » en grec ancien – pour montrer qu’il y a « toujours plus à construire ».

« Nous avons beaucoup appris en nous confrontant à de nombreux problèmes », a-t-il déclaré, jugeant qu’il est désormais temps de tirer les leçons pour « construire le prochain chapitre ». Cette annonce a été faite au terme d’une heure et demie de présentation du « metaverse », « métavers » en français pour méta-univers.

Monde virtuel

Selon lui, le métavers représente l’avenir de l’internet, après les ordinateurs et les téléphones portables, auquel le public aura accès pour interagir, travailler ou se divertir via les technologies (lunettes de réalité augmentée, casques de réalité virtuelle, etc.).

« Il va y avoir de nouvelles façons d’interagir avec les appareils qui seront beaucoup plus naturelles que de pianoter sur un clavier ou de cliquer sur un bouton. Vous allez faire des gestes, ou dire quelques mots. Il suffira même de penser à une action pour qu’elle se produise », s’est enthousiasmé le fondateur du géant des réseaux sociaux jeudi.

Exemple avec le casque de réalité virtuelle Quest 2, de la marque Oculus (rachetée par Facebook en 2014). Environ 1,87 millions d’appareils ont été vendus dans le monde, d’après les chercheurs du cabinet Statista. A ce stade, ils servent principalement à jouer à des jeux immersifs, avec des manettes pour une partie de tennis, par exemple.

Mark Zuckerberg présente Meta

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Facebook a aussi commencé à construire des espaces plus informels, comme les « workrooms » (salles de travail), où les participants apparaissent autour d’une table ronde sous forme d’avatars personnalisés, qui ressemblent à des personnages de dessins animés.

On est encore loin du roman dystopique « Ready Player One », d’Ernest Cline, où l’essentiel de l’humanité échappe à un monde en crise en allant dans un système mondial de réalité virtuelle (RV), via une visière et des gants ou vêtements haptiques. « Mais d’ici 5 à 10 ans, nombre de ces technologies vont devenir courantes », a assuré Mark Zuckerberg pendant sa présentation depuis une maison virtuelle située dans un environnement paradisiaque.

Le patron a passé en revue les briques technologiques nécessaires à la construction de cet univers parallèle, peignant un futur digne de la science-fiction tout en offrant des perspectives aux marques en termes de marketing.

Futur d’internet ou manoeuvre de distraction?

Ce changement de nom est interprété comme une manoeuvre de distraction par les critiques du groupe californien, empêtré dans les scandales et controverses, de la désinformation à la confidentialité des données en passant par le respect du droit de la concurrence.

La colère des autorités et de la société civile s’est amplifiée ces dernières semaines à la faveur des révélations d’une lanceuse d’alerte, Frances Haugen, qui montrent que Facebook a choisi d’ignorer une partie des dangers – contenus toxiques sur Instagram pour les adolescents, désinformation qui nuit à la démocratie, etc. – par souci de préserver ses profits.

Pour autant, Mark Zuckerberg parle du métavers depuis quelques mois. Il a déjà annoncé des investissements de plusieurs milliards pendant les années à venir et le recrutement de 10.000 personnes en Europe pour ce projet.

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