Le portefeuille va-t-il disparaître ?

Chaque Belge devrait recevoir un « portefeuille numérique » d'ici 2023. Plus besoin de carte d'identité et du permis de conduire ?

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Le remplacement numérique est en marche depuis plusieurs années, mais il se fait encore plus ressentir depuis l’entrée en vigueur du Covid Safe Ticket. Depuis le 15 octobre à Bruxelles, et théoriquement à partir du 1er novembre en Wallonie, le smartphone est devenu indispensable pour aller au restaurant, au cinéma ou encore à la salle de sport. À chaque entrée, les clients dégainent leur QR code généré sur l’application CovidSafe, qu’ils ont pu ouvrir après une authentification via itsme. Application accessible seulement s’ils s’identifient grâce à un lecteur de carte d’identité ou… leur app bancaire. Même pour les habitués du clic, c’est difficile à suivre.

Avant cela, il y avait déjà la possibilité de conserver ses tickets de transport, ses cartes de fidélité ou encore ses cartes bancaires sur son téléphone. Pour le moment, les cartes d’identité, permis de conduire et autres documents officiels n’ont pas trouvé de substitut numérique. Mais cela pourrait bientôt changer.

Portefeuille numérique

Ce lundi, le secrétaire d’État à la Digitalisation, à la Simplification administrative et à la Protection de la vie privée Mathieu Michel a annoncé vouloir fournir un portefeuille numérique à tous les citoyens dès 2023. Celui-ci contiendra des documents officiels, tels que la carte d’identité et le permis de conduire, mais aussi votre certificat de mariage ou votre visa. De quoi alléger votre portefeuille, même si le libéral précise qu’il s’agira d’une alternative, et non d’un remplacement.

Le but est, selon lui, ailleurs. Ce projet Smart Nation vise en réalité à faciliter la vie des Belges dans les relations qu’ils entretiennent avec les administrations publiques. Plus besoin donc de faire la file à la commune pour obtenir un acte de naissance, une composition de ménage ou d’autres documents administratifs. Quelques clics suffiront.

L’ambition n’est pas propre à la Belgique. En réalité, c’est toute l’Europe qui se prépare à cette révolution numérique. En juin dernier, la Commission européenne a annoncé le développement d’un système d’identification numérique commun aux 27 Etats membres.

Fracture

Cette identité numérique présente plusieurs avantages, dont celui de pouvoir sélectionner les informations visibles de la carte d’identité. À l’entrée d’une boite de nuit, par exemple, il sera possible de montrer seulement sa date de naissance, tout en cachant sa nationalité ou son sexe. Mais ce projet suscite aussi de nombreuses questions fondamentales, notamment quant à la protection des données privées. D’un point de vue général, c’est un nouvel obstacle pour une partie de la population qui éprouvera des difficultés à l’utiliser ou à y accéder. Cette inégalité numérique risque d’engendrer l’exclusion sociale et économique, à l’heure où 6,9% de la population belge âgée de 16 à 74 ans n’a jamais utilisé Internet.

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