Comment repérer les faux produits «Made in Italy» et les restos certifiés italiens?

Face à la profusion de produits et de restaurants qui se réclament italiens, il existe quelques astuces afin de savoir qui est vraiment «Made in Italy» ou pas.

Cuisine italienne
Produits symboliques de la cuisine italienne ©BelgaImage

Ce 17 janvier, c'est la journée internationale de la cuisine italienne. L'occasion pour le «Bel Paese» de mettre en valeur sa gastronomie qui sent bon le Sud et qui vient d'ailleurs d'être sacrée «meilleure cuisine du monde» selon un classement sorti fin décembre 2022. L'enjeu est de taille pour l'Italie: ses produits lui rapportent près de 50 milliards d'euro par an, selon les chiffres publiés l'année dernière. Une manne financière immense qui pourrait être au moins deux fois plus grosse s'il n'y avait pas la concurrence de faux produits italiens. Que ce soit au supermarché, chez le traiteur ou au restaurant, il est en effet facile d'acheter un produit qui semble 100% italien mais qui ne l'est en réalité pas du tout. Il faut donc rivaliser d'astuces pour repérer ces attrapes et éviter de se faire avoir.

Au magasin, le piège de l'«Italian Sounding»

Depuis plusieurs années, le gouvernement italien a déclaré la guerre à ce qu'il appelle l'«Italian Sounding». Il s'agit d'un phénomène marketing qui consiste à camoufler un produit produit dans un pays lambda pour faire croire qu'il vient de la péninsule méditerranéenne. Tout est écrit en italien, y compris le nom de la marque, les couleurs reprennent le vert-blanc-rouge du drapeau italien, et des références géographiques nous rappellent certains lieux connus de la Botte.

L'imitation est parfaite mais dans les faits, il n'y a rien d'italien dedans. Un détail qui n'empêche pas ces produits de figurer au rayon «Italie». Parmi les produits les plus concernés, on trouve le pecorino, le parmesan ou encore le vin.

Pour éviter de se laisser attendrir par des noms chantants, il faut scruter un peu l'étiquette. Deux éléments permettent de facilement écarter toute une partie des faux «Made in Italy». En théorie, il existe toujours une indication «Produit en...» suivi du nom du pays correspondant ou d'une adresse. Évidemment, cela n'est pas toujours bien mis en évidence.

Une solution encore plus simple, mais plus technique, permet d'y remédier. Si le code-barres commence par un chiffre allant de 800 à 839, c'est qu'il vient d'Italie. Cette règlementation, connue sous le nom de code EAN, est internationale. Vous pouvez donc voyager dans toute l'Europe sans devoir traduire la fameuse phrase «Produit en...».

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Enfin, si vous avez un doute, il existe une application pour repérer les vrais et les faux produits italiens. Dénommée «ITA0039», elle a été mise au point par l'organisme officiel italien de certification, l'Asacert. Il suffit de scanner le code-barres et un message apparaît pour signaler si vous avez face à vous un vrai «Made in Italy» ou pas.

Les foires des labels dans la restauration

Une autre attrape courante concerne les restaurants et les traiteurs italiens, particulièrement répandus en-dehors de la péninsule. Ici, impossible de miser sur l'analyse d'un code-barres, à moins de fouiller dans les poubelles de l'établissement (une hypothèse qu'on préfère écarter en l'état). Le problème, c'est que cela permet au gérant d'assurer au client que son produit est italien ou 100% fait maison sans forcément avoir besoin de fournir une preuve. Autrement dit, c'est la porte ouverte aux mensonges et aux abus, avec des aliments qui viennent en réalité de sous-traitants très doués pour faire croire qu'il s'agit d'une production artisanale.

Une première piste pour y remédier, ce sont les labels. Dans toute une série de pays, il y a là aussi une certification «ITA0039», comme au Royaume-Uni. Le problème, c'est que celle-ci ne s'est pas encore implantée en Belgique.

Une alternative, c'est le label «Ospitalità italiana», issu d'une initiative des chambres de commerces italiennes. En l'occurrence, quelques restaurants belges ont eu l'honneur de le recevoir durant les années 2010. C'était par exemple le cas de Paolo's Idea à Bruxelles, ou d'Il Trulletto à Ransart. Mais aujourd'hui, le site officiel d'«Ospitalità Italiana» ne référence plus la Belgique, ce qui n'empêche pas certaines adresses de continuer d'afficher fièrement cette distinction sur leurs sites officiels, comme l'Eccetera et la Fattoria del Chianti à Etterbeek.

Il existe aussi un autre label, dénommé «Eccellenze italiane», censé défendre les marques et les produits italiens. Son site répertorie toute une série de restaurants et de traiteurs en Belgique. Mais en y regardant de plus près, on a trouvé des restaurants affichant la certification sur leurs pages en ligne tout en n'apparaissant pas dans cette liste officielle.

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Enfin, pour s'y retrouver, il reste des classements comme celui de «Gusto Cultura». Ce dernier se présente comme «la référence de la gastronomie italienne en Belgique», «conçu par des gastronomes italiens et avalisé par des professionnels de la restauration italienne». On y trouve notamment une carte répertoriant toute une série d'établissements reconnus, notamment à Bruxelles et Liège. Parmi eux, il y a les très chics Senzanome et Da Mimmo, en région bruxelloise. Deux adresses également présentes dans un autre classement, de niveau mondial cette fois-ci, le «50 Top Italy».

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