Marre de la dinde et de la bûche? Voici comment on mange à Noël à l'étranger

Loin d'être uniforme, le repas de Noël varie de pays en pays. De quoi donner de nombreuses idées pour changer de nos habitudes.

Marre de la dinde et de la bûche? Voici comment on mange à Noël à l'étranger
Table de Noël ©BelgaImage

Chez nous, qui dit Noël dit dinde, foie gras, huîtres et saumon, avec des escargots pour les plus téméraires. Mais manger toujours la même chose, cela peut sembler un peu répétitif. Le menu apparaît comme immuable, sans que personne ne se risque à s'opposer à la sacro-sainte tradition. Pourtant il est possible de varier les plaisirs tout en se conformant à l'idée d'un repas typique de Noël. Pour cela, direction l'étranger, car bien entendu, on ne mange pas tous la même chose. De quoi donner une multitude d'idées et satisfaire tous les goûts.

Les plats

Pour remplacer la dinde, les autres pays ont inventé une multitude de plats de viande. En Norvège, on penche plutôt pour une bonne assiette de pinnekjøtt, des côtelettes d'agneau souvent accompagnées de saucisses, de patates ou de purée de rutabaga. Le lutefisk y est également très populaire, plus globalement dans toute la Scandinavie. Le principe: prendre du poisson blanc séché (souvent de la morue) et lui faire subir une traitement particulier à base d'eau froide et d'hydroxyde de sodium, ce qui lui donne une consistance gélatineuse. Toujours en Europe du Nord, direction ensuite le Danemark, avec son flæskesteg. Il s'agit tout simplement de la version locale du rôti de porc, bien croustillant avec sa couenne, avec un accompagnement de pommes de terre ou de chou rouge.

Une assiette de lutefisk ©BelgaImage

Passons ensuite au reste de l'Europe. En Pologne et en Ukraine, il y a le bortsch aux uszka (une sorte de raviolis fourrés aux champignons, oignons ou au poisson), à base de betteraves et spécifique au réveillon de Noël. Dans le monde germanophone, et plus particulièrement en Suisse alémanique, la star, c'est le schäufele, une épaule de porc séchée et fumée (servi chez les Helvétiques avec des haricots ou de la choucroute). Quant aux pays anglo-saxons, ils adorent leur Christmas ham, littéralement un «jambon de Noël» (souvent doré).

Un exemple de Christmas ham ©BelgaImage

Enfin, bien loin du Vieux Continent, aux Philippines, on sert notamment deux plats. Il y a le morcón (une roulade de bœuf braisé avec des carottes, des œufs ou encore des saucisses) ainsi que le hamonado (de la viande marinée dans une sauce sucrée à base d'ananas). Ajoutons-y les bibingka, des petits gâteaux de riz gluant cuits au four avec différents goûts (lait de coco, haricot mungo, etc.), parfaits pour les entrées en guise de snack. Enfin, les fans de fast-food imiteront les Japonais, qui ont pris l'étrange habitude de commander des Party Barrels du KFC à Noël (des sceaux de morceaux de poulet comme la marque du Kentucky sait bien les faire).

Un plat de hamonado ©BelgaImage

Les desserts

Mais s'il y a bien un rayon où Noël inspire, c'est du côté des desserts. Chez nous, on a certes les cougnous mais nos supermarchés savent aussi mettre à l'honneur un duel devenu mythique entre deux emblèmes de l'Italie: le panettone avec ses raisins secs et le pandoro riche en beurre. Mais les Italiens ont aussi d'autres spécialités, comme les struffoli napolitains: des petites boules de pâte sucrée de maximum 1 cm de diamètre qui sont ensuite frites dans de l'huile et enveloppées de miel pour en faire des beignets miniatures. En remontant vers le nord, on trouve le panforte de Sienne, avec son mélange d'épices, ses amandes et fruits secs. Puis à Mantoue, c'est un dessert apparenté au nougat que l'on découvre, le torrone, à base de miel, de sucre, de blanc d'œuf, et d'amandes. Il s'agit également d'un emblème de Noël en Espagne, sous le nom de turrón, au même titre que le massepain (mazapán). Puisque nous sommes dans la péninsule ibérique, citons aussi les Yemas de Santa Teresa à Ávila (des petites tartelettes orangées) et le bolo-rei portugais (littéralement le «gâteau roi», une couronne de pâte briochée décorée de fruits confits).

Un bolo-rei portugais, à Amadora ©BelgaImage

Les autres exemples de plaisirs sucrés ne manquent pas. En Provence, il existe même un ensemble dénommé les «treize desserts», dont la composition varie en fonction des villes. Parmi les plus courants, on trouve par exemple le nougat blanc, la pompe à l'huile, la fougasse, etc. Du côté des gâteaux, on a le julekake norvégien (épicé à la cardamome, avec souvent des raisins secs) et le Christstollen allemand (le «rouleau du Christ», avec son épaisse couche de sucre en poudre rappelant l'Enfant Jésus enveloppé, ses épices et raisins secs). Au Danemark, on adore les æbleskiver, qui contrairement à ce que leur nom peut faire croire («tranches de pomme») ne contiennent généralement pas de pommes. Il s'agit plutôt de petites sphères à la texture moelleuse semblable à celle des crêpes. Les Danois aiment aussi le risalamande qui, en l'occurrence, est très fidèle à son nom d'origine française puisqu'il s'agit en effet d'un «riz (au lait) à l'amande» (avec de la chantilly, du sucre et de la vanille). Non loin de là, en Suède, on craque pour les knäck, des bonbons à base de crème épaisse, de sucre et surtout de sirop, avec souvent un peu d'amandes pelées en plus. Les plus artistiques seront quant à eux conquis par le laufabrauð (le «pain feuille») qui ressemble à une tranche de pain sculptée à la manière d'un mandala, sauf que nous ne sommes pas en Inde mais en Islande.

Un exemple de Christstollen avec des raisins secs ©BelgaImage

Retournons vers le Sud pour trouver le česnica serbe, un pain qui fait l'objet de rituels précis (une pièce est souvent placée à l'intérieur, et le pain est tourné plusieurs fois à table dans le sens inverse des aiguilles d'une montre avant d'être divisé). Les Grecs ont pour leur part le christopsomo («pain du Christ»), qui est un pain ordinaire mais préparé avec une meilleur farine et plus richement décoré (avec souvent des noix, des figues séchées, des raisins secs ou encore des amandes). Autre friandise grecque: le melomakarono, qui ressemble à un œuf et constitué de farine (de semoule), d'huile d'olive, de zestes d'orange et de miel.

Les boissons

Si vous voulez varier les plaisirs même dans les boissons, question de changer du traditionnel vin effervescent servi à Noël, il y a aussi quelques idées à tirer de l'étranger. L'Europe du Nord se montre encore une fois particulièrement inventive, avec notamment le glögg (un vin chaud épicé dont la recette exacte varie en fonction des régions). Les Norvégiens ont aussi le julebrus, une boisson non-alcoolisée qui ressemble à un soda rouge ou brunâtre.

En Allemagne, pays de Noël par excellence, on trouve aussi des boissons typiques. Bien sûr, on a le vin chaud, appelé localement Glühwein, mai aussi le Feuerzangenbowle. Il s'agit de vin rouge sec chauffé (avec des clous de girofle, des bâtons de cannelle, du citron et du zeste d'orange) et au-dessus duquel on fait flamber un pain de sucre imbibé de rhum.

Des tasses de Feuerzangenbowle ©BelgaImage

Pour ceux qui veulent se montrer plus originaux, terminons avec un produit venu de Porto Rico: le coquito. Cette liqueur est faite à base de crème de coco, de rhum, de lait, de cannelle et de vanille. Attention toutefois: le degré d'alcool peut atteindre les 55 degrés. Au moins, vous êtes prévenus!

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