Nos conseils pour boire une eau de qualité

Consommer les 1.500 ml d’eau conseillés au quotidien par les spécialistes relève parfois du défi. Focus sur quelques outils et idées pour potabiliser, purifier ou agrémenter soi-même son eau.

boire de l'eau
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En 2019, une étude de la FIEB, l’Association sectorielle de l’Industrie belge des eaux et boissons rafraîchissantes, a démontré que la consommation belge d’eau en bouteille avait diminué de 3 % pour se retrouver sous la barre des 130 litres par an et par habitant. Une bonne chose quand on songe au coût écologique de l’extraction du pétrole, de l’utilisation d’énergie et d’eau, et du transport de ces bouteilles dans le monde. Une bonne chose, aussi, si l’on en croit une autre étude, en partie menée par le Department of Geology and Environmental Sciences de Fredonia, qui a estimé en 2018 que 93 % des eaux en bouteille de onze marques contenaient des microplastiques, soit des déchets. Un résultat deux fois supérieur à celui de l’eau du robinet, dont la consommation est la plus économique et écologique du moment. Économique: elle coûte en moyenne 200 fois moins cher que l’eau embouteillée. Écologique: en Fédération Wallonie-Bruxelles, elle est issue soit de nappes phréatiques, ces grands “réservoirs” souterrains où elle est naturellement stockée avant d’être filtrée par le sol, soit de surfaces potabilisées comme la Meuse ou les barrages de la Vesdre, de la Gileppe… À la maison, une fois dans nos verres, il est toujours possible d’ajouter son petit grain de sel dans l’eau à consommer. Par recherche de nouvelles vertus. Ou par simple plaisir.

Le filtre biosable

Un filtre à usage domestique qui rend potable l’eau salée. Sa forme? Un coffrage en béton constitué de graviers et de sédiments dans lequel l’eau est filtrée par gravité: elle traverse tous les niveaux de sédiments, dont la taille varie de sept millimètres à celle d’un grain de sable. Elle est ensuite pompée et ressort potable. “On a découvert ce système au Nicaragua”, témoigne Caroline Pultz, Visétoise embarquée sur le Nomade des mers, catamaran dont l’équipage cherche à créer un écosystème grâce à des technologies peu consommatrices. “Là-bas, il y a pas mal de problèmes de pollution des sols et de l’eau qui ont été source de nombreuses maladies. L’association Blue Energy a donné des formations pour fabriquer ses propres filtres à eau.” Plus de 1.700 organisations internationales sont aujourd’hui formées à la fabrication de ce système. L’ensemble est constructible en “do it yourself” – il suffit de réaliser un coffrage en béton avec différents types de sables disponibles dans des magasins de bricolage, puis de le faire sécher entre 24 et 48 heures. Pesant, il doit rester à un endroit fixe, mais peut supporter n’importe quelle eau, de pluie ou de rivière. “On a toutefois remarqué qu’il fallait que l’eau vienne toujours de la même source, reprend Caroline Pultz. Il y a un film bactérien qui se fixe sur les graviers pour purifier l’eau si on change la source, le film bactérien va complètement se casser et il faudra du temps pour qu’il se refasse.” Le filtre biosable requiert une utilisation quotidienne pour que les bactéries puissent continuer à vivre.

Où le trouver? Le site lowtechlab.org propose un tuto complet pour réussir sa fabrication (chercher “Water – Biosand Filter”).
À quel prix? Environ 80 €.

L’eau florale

L’eau florale peut être utilisée en cosmétique et en cuisine. Elle résulte de la distillation de fleurs – rose, lavande, fleur d’oranger, bleuet. Elle se prépare facilement grâce à un système de condensation. Dans une casserole remplie aux ¾ d’eau du robinet, placez les pétales de fleurs lavés et triés. Au centre, installez un récipient résistant à la chaleur sans qu’il touche le fond et enfin, sur le dessus, un couvercle posé à l’envers et qui recouvre toute la surface de la casserole. L’ajout de glaçons sur ce couvercle est primordial. Lorsque la vapeur créée à partir des actifs de la fleur dans la casserole monte et touche le couvre-plat, elle retrouve son statut liquide et s’écoule dans le récipient. L’eau se trouvant dans ce dernier doit être chaude, mais elle ne doit pas bouillir. Après 45 minutes d’infusion, l’eau florale est prête.

L’adoucisseur

Il existe plusieurs types d’adoucisseurs, à fixer au robinet pour alléger l’eau en calcaire. Le plus populaire fonctionne par résine échangeuse d’ions, il s’attaque aux ions de calcium et de magnésium et les remplace par du sodium. Sur le marché, on trouve des adoucisseurs d’eau à base de CO2 ou de granulés, sans la résine et le sel traditionnels. Dans ce cas, ce sont des processus physiques ou chimiques qui empêchent les ions de calcium et de magnésium de se déposer dans l’eau en les maintenant en suspension. Pour savoir s’il est conseillé d’installer un adoucisseur à domicile, le site de la SWDE propose un onglet – “Dans votre commune” – indiquant la dureté de l’eau et donc les éventuels risques qu’elle provoque.

Où le trouver? Hydro@Home, pour une faible empreinte écologique. Minimax, pour un appareil compact.
À quel prix? De 700 € à 2.500 €, placement compris.

Les aromatiseurs

On peut compter deux façons d’ajouter des arômes à l’eau. La plus synthétique résulte d’un procédé chimique tandis que la plus biologique est le fruit d’un processus naturel, que ce soit la cuisson, la vapeur ou la fermentation. Pour profiter des bienfaits principalement gustatifs de ces eaux naturelles, il y a bien entendu les traditionnelles feuilles de menthe ou rondelles de citron, mais il n’est pas difficile de se montrer plus original. On peut, par exemple, procéder à la congélation de fruits dans des contenants à glaçons. On peut également faire chauffer, puis tiédir de l’eau à laquelle on ajoute de la cannelle, du gingembre ou de la cardamome. N’hésitez pas à pousser plus loin l’eau parfumée et tentez d’ajouter l’une ou l’autre goutte d’huile essentielle. Puis, si l’inspiration vient à manquer, il y a toujours la gourde Air Up, qui contient de l’air parfumé avec des essences naturelles et qui donne donc cette impression que l’eau est aromatisée.

Où trouver la gourde Air Up? Via le site air-up.com.
À quel prix? À partir de 39,95 €.

fruits congelés pour eau aromatisée

Congeler des fruits pour aromatiser l’eau. © Adobe Stock

L’eau pétillante au bicarbonate de sodium

Le bicarbonate de soude a cette vertu d’hydrater et de détoxifier l’organisme. À cela s’ajoute sa capacité à faire pétiller l’eau… Pour y parvenir, rien de sorcier: versez une cuillère à café dans un litre d’eau, incorporez quelques cuillères à café de jus de citron qui permettra d’enrichir le breuvage en vitamines, en minéraux et en enzymes. Pour les plus sportifs, une cuillère à café de sel suffira à réhydrater le corps de façon aussi efficace que les boissons vendues (cher) dans le commerce. Elle permettra aussi une meilleure récupération après l’effort en éliminant l’acide lactique sécrété par les muscles au travail. Si l’excès d’eau pétillante peut provoquer des ballonnements gastriques et est déconseillé aux personnes souffrant de rétention d’eau ou d’hypertension artérielle, elle encouragerait en revanche la neutralisation de l’acidité gastrique produite lors de la digestion et faciliterait la circulation du sang.

Le charbon Binchotan

Il est originaire du Japon et issu de l’ubamegashi, un chêne blanc, poreux et riche en minéraux. Une fois séché puis cuit au four en terre, le charbon Binchotan est capable d’adsorber les molécules – de les maintenir en suspension à la surface de l’eau – et il améliore le goût de l’eau du robinet. Son utilisation est simple puisqu’il suffit de le plonger dans une carafe de maximum deux litres d’eau pendant quelques heures pour qu’il fasse son effet. Une fois par semaine, il est conseillé de faire tremper le bâton quelques minutes dans un grand volume d’eau bouillante. Cela optimise ses capacités d’absorption. “Les propriétés du charbon actif sont bien connues pour l’élimination du chlore et de certains micropolluants organiques”, expliquait il y a quelque temps le laboratoire qualité ‘Eau de Paris’ au magazine français L’Express. Précisons tout de même que sa durée de vie n’excède pas généralement quelques mois. Biodégradable, le charbon peut ensuite être facilement recyclé en fertilisant pour les plantations, mais également pour désodorisant pour les toilettes, aérateur de compost ou tout simplement soldat de barbecue.

Où le trouver? Via le site Sebio, l’e-shop éthique et durable, sebio.be.
À quel prix? Entre 6 et 8 € par bâton.

Le pot en céramique

Cette invention est inspirée de la nature et de sa capacité à purifier l’eau grâce au sol. Elle est l’œuvre d’un Guatémaltèque, qui a imaginé un pot en céramique à base de sciure de bois et d’argile. Cuite dans un four, la sciure est carbonisée – ce qui a pour effet de créer des microporosités capables de capturer les pathogènes, qu’une couche d’argent colloïdal, appliquée sur la surface de la paroi, se charge ensuite d’éliminer définitivement. On y place ensuite l’eau pour la purifier. Il est vivement conseillé de retirer le résultat des premières filtrations, encore un peu trop riche en argile. Le récipient en céramique est à frotter et laver tous les deux mois et à changer tous les deux ans.

Puis il se recycle très bien en pot de fleur, sourit Caroline Pultz, qui a vu des centaines de ces pots lors de son passage au Guatemala. C’est un système portable, idéal pour les Belges pour remplacer les carafes à filtres qui coûtent très cher et que l’on doit changer très souvent. Tout le monde peut en construire un avec des produits facilement accessibles.” Pour les moins bricoleurs et les plus maladroits d’entre nous, la marque Ecofiltro commercialise le pot dans un récipient muni d’un petit robinet. À ce jour, la société créée par l’entrepreneur Philip Wilson a fourni plus de 400.000 familles dans les zones rurales du Guatemala.

Où le trouver? Sur le site de la marque Ecofiltro. ecofiltroeurope.com
À quel prix? À partir de 121 € à l’achat. Ecofiltro propose aussi un tuto de fabrication.

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