Ce que renferment vraiment nos pots d’épices

Des brisures de feuilles d'olivier à la place de l'origan, du cumin remplacé par de l'amidon… Au rayon épices de nos supermarchés, ces petits flacons ne sont pas ce qu'ils prétendent.

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Derrière leurs étiquettes et leurs belles couleurs, certaines épices cacheraient un goût d’arnaque. C’est en tout cas la conclusion d’une vaste étude menée par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes. L’enquête s’est concentrée sur le marché français, mais son constat est probablement valable également pour celui de la Belgique.

Pour évaluer la qualité des épices, les enquêteurs ont prélevé 138 échantillons chez des commerçants, grossistes et transformateurs. Et le résultat est sans équivoque : un quart des produits analysés présentent une anomalie. C’est moins alarmant qu’en 2016, lors de la précédente enquête des services de la répression des fraudes. À l’époque, plus de la moitié des produits étaient non-conformes.

Safran, poivre, origan…

Malgré cette nette amélioration, le safran, l’épice la plus chère, reste celle qui comporte le plus d’anomalies. Seulement 15% des produits étudiés sont conformes. Souvent, « des restes floraux » sont trouvés dans les flacons, selon la DGCCRF. Les filaments, qui coûtent jusqu’à 1000 euros le kilo en grande surface, sont remplacés par des « substances de charge » afin de diminuer le coût de revient.

Mais le safran n’est pas la seule épice victime de ces subterfuges. « Des débris végétaux parfois importants » ont été retrouvés dans les pots d’origan, comme des fragments de feuilles d’olivier et de myrte utilisés comme substances de charge. En clair, pour remplir. Le poivre, le paprika, le cumin ainsi que le curcuma sont également visés.

Les étiquettes aussi sont trompeuses. Comme par exemple sur ce pot de « poivre » qui est en réalité un mélange de baies du genre piper nigrum, souligne l’organisme du ministère français chargé de l’Economie. Celle-ci pointe également des défauts de traçabilité lorsque certaines épices se revendiquent d’une AOP « sans y avoir le droit ».  

Dans sa précédente étude, l’instance expliquait que les origines exotiques, le fait que seule une faible partie de la plante est utilisée pour la production d’épices ou encore les aléas climatiques faisaient la rareté de ces épices. Elles font en conséquence « l’objet de fortes tensions économiques qui peuvent générer des hausses des prix ou entraîner la commercialisation de produits dont la qualité fait défaut », d’où l’importance de les contrôler.

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