Partir en vacances peut-il revenir "moins cher que de chauffer son chez-soi"?

Des agences de voyages affirment que partir en voyage reviendrait moins cher que de rester chez soi. Un argument qui fait rêver. Avec ou sans piège?

Une femme face à la mer
Une femme à la plage ©BelgaImage

C’est le nouvel argument coup de poing des agences de voyage: les prix de l’énergie seraient si hauts qu’en partant en vacances, les gens feraient des économies. C’est en tout cas ce qu’affirme Easyjet Holidays qui a proposé aux Britanniques un mois de vacances en Égypte à 650 livres (soit 750€) par personne, tout frais compris (repas, wifi, transport, 23 kg de bagages, etc.). La demande a été telle que la société a fait sold-out en 24 heures. Alors, argument marketing ou réalité?

Quand voyager rapporte a priori de l’argent

Pour Easyjet Holidays, le calcul est vite fait. Pour 28 jours, les Britanniques devraient payer 877£ par personne (1.000€) afin de vivre chez eux. Un total basé notamment sur le coût moyen, par mois, des factures de gaz, d’électricité et d’eau, sans oublier le loyer, la nourriture, etc. Autrement dit, son offre de voyage reviendrait à économiser 25% de son argent. Ce n’est d’ailleurs pas la seule société à avoir sorti sa calculette. Interviewé par l’Independent.ie, un agent de voyage affirme qu’un Irlandais prenant une de ses formules de trois semaines en demi-pension payerait 40€ par jour (pour 28 jours). Un prix qu’il juge imbattable vu l’inflation actuelle sur le marché de l’énergie.

Les agences de voyages ne sont pas les seules à faire une telle affirmation. Les pays méditerranéens utilisent ce même argument au maximum. C’est le cas du président de la fédération espagnole des départements touristiques Miguel Ángel Sotillos. "D’après ce que nous voyons, les gens se rendent compte que c’est moins cher de venir ici que de mettre le chauffage à la maison", affirme-t-il à l’Observer. La Grèce commence aussi à se prévaloir des mêmes avantages. En atteste une publicité hellénique qui devrait miser sur cet aspect outre-Manche.

Pour vérifier ces dires, le quotidien britannique The Independent a fait les comptes. Au final, le quotidien anglais adhère tout particulièrement à l’idée de se faire dorer la pilule au soleil à moindre frais. Il a estimé que vu le coût de l’énergie et des loyers à payer, un ménage moyen doit débourser chaque mois 2.000£ (2.300€). En prenant des logements peu chers en vacances, il arrive à la conclusion qu’il serait possible d’économiser 470£ par mois en Espagne (540€) voire 795£ au Portugal (910€). En allant en Thaïlande, le coût de la vie est si faible que cette économie pourrait monter à 1.095£ par mois (1.250€).

Partir pour être plus riche, vraiment?

Évidemment, ce sont des calculs sur base des prix au Royaume-Uni, pas en Belgique. On peut se demander ce qu’il en serait chez nous. Sans entrer dans le même type de spéculations, les réalités étant différentes pour chaque foyer, on peut émettre quelques bémols à ces projections. Tout d’abord, partir en vacances ne veut pas forcément dire qu’il ne faut plus payer de facture d’énergie du tout. En plein hiver, il vaut mieux chauffer un minimum son logement par exemple. Puis encore faut-il pouvoir partir en vacances sans avoir à payer un loyer à la maison. Que dire des locataires qui devraient payer à la fois leurs voyages mais aussi leur appartement ou maison? Il faut également rappeler que ces calculs sont basés sur des locations particulièrement peu chères, qui ne devraient pas convenir à tout le monde, et sur des scénarios optimistes.

Il peut aussi s’avérer compliqué d’envisager toutes les dépenses possibles quand on prévoit de rester un mois au soleil, ce qui peut fausser le calcul. Est-ce que vous prendrez plus souvent les transports en commun une fois arrivé sur place que si vous étiez resté chez vous? Devrez-vous acheter un abonnement mobile si vous partez en Égypte ou en Thaïlande aussi longtemps? Certes, le coût de la vie est souvent moins cher que chez nous dans ces pays touristiques, mais il faut pouvoir ne rien penser à tout.

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Enfin, tout ça, c’est sans compter le fait qu’il est de toute façon impossible de partir si votre enfant doit continuer d’aller à l’école en Belgique, ou si votre travail vous oblige à rester au pays. Par contre, pour ceux qui n’auront pas d’enfants et qui pourraient faire du télétravail, il pourrait s’avérer utile de faire les comptes, surtout si votre facture énergétique est particulièrement élevée.

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