9 tours et autres points de vue pour admirer la beauté de la Belgique

Cap sur ces quelques bâtiments et tours permettant de contempler un panorama prestigieux ou simplement de savourer la sensation d’être au-dessus des autres.

Tour Vlooyberg
Tour Vlooyberg. © DR

Il y a les acrophobes, puis il y a les autres. Ceux qui ne peuvent s’empêcher de grimper une butte lors de promenades. Ceux qui veulent à tout prix trouver le moyen de traverser tout pont qui les domine. Ceux qui gravissent n’importe quelle volée de marches qu’ils ­croisent sur leur chemin. Ceux, donc, qui éprouvent un sentiment de plénitude quand ils surmontent un large paysage dégagé, une vue inédite sur une ville ou un horizon qui semble soudainement accessible. Évidemment, on dédie rarement une journée entière à ces points de vue, mais ils peuvent constituer un fameux bonus lors d’une excursion dans le coin… Car, comme le disait si bien Tina Arena, “Aller plus haut, se rapprocher de l’avenir”.

Viaduc de Conques – Herbeumont

Un tunnel d’arbres de plusieurs dizaines de mètres, une atmosphère de forêt paisible et une fraîcheur qui fait du bien en temps de canicule. Puis, soudainement, ce sentier également adapté aux vélos qui prend le soleil et traverse la Semois, 40 mètres plus haut. Formidable édifice du début du XXe siècle – achevé en 1914 par les Allemands -, le viaduc de Conques était parcouru par la ligne de chemin de fer 173A, qui reliait Bertrix, ­Herbeumont et Muno jusqu’en 1972. Long de 120 mètres, il compte sept arches et apparaît dans le générique de la série La trêve. Suffisant pour avoir convaincu l’Europe et la Région wallonne de débloquer plus d’1,2 million d’euros pour sa rénovation. Aujourd’hui, le pont joliment rafraîchi est de nouveau accessible aux promeneurs… et aux oiseaux qui ont élu domicile sous l’imposante structure en pierre.

Tour Vlooyberg – Tielt-Winge

Au détour d’un joli sentier de terre et de sable qui serpente entre les champs de maïs, un étrange escalier géant en acier patinable rouge s’élève dans le ciel, sans destination. Perchée à onze mètres de hauteur, à quelques encablures de la Nationale 2 traversant le village de Kraasbeek, la Vlooybergtoren est une œuvre du bureau d’architectes Close To Bone. Une soixantaine de marches mènent à son sommet, d’où la vue sur le Hageland vaut la peine. Au loin, on devine les terrils des mines de Beringen et l’abbaye d’Averbode. Au sol, à côté d’un parking réservé aux moins sportifs, les promenades partent dans trois directions. Inaugurée en 2015 à l’endroit d’une ancienne tour de guet en bois, Vlooybergtoren a subi un incendie criminel cinq ans plus tard, mais s’en est heureusement relevée.

Tour Warande – Middelkerke

Quelques centaines de mètres vierges de toute construction humaine, c’est toujours bon à ­prendre sur la côte surexploitée de la mer du Nord. Encore plus quand il est possible de grimper jusqu’au sommet d’une tour esthétique pour profiter de cette ouverture sur les flots… Conçue comme un château d’eau en 1972, la tour Warande a été la victime progressive de la forte corrosion du béton qui l’a forcée à entamer une reconversion en tour d’observation en 2018. D’en haut, à 20 mètres, le visiteur profite d’une vue sur la plage et ses œuvres d’art Caterpillar 5bis, le tracteur à chenille de Wim Delvoye, et l’improbable Olnetop, représentant l’éclat des vagues, mais en jaune. De l’autre côté, c’est “l’authentique” village de Middelkerke, celui où les habitants rentrent à pied en poussant leur charrette ornée de paniers et de combinaisons après avoir pêché la crevette.

Tour Warande

Tour Warande © Steve Bauwens/Commune de Middelkerk

Parking du Meir – Anvers

En bas, c’est la très commerçante artère du Meir. Grâce à un petit ascenseur discret, il est toutefois possible de s’extirper de la foule pour s’envoler au troisième étage du parking d’une entreprise au logo bleu et jaune, où c’est le calme plat. Complètement inconnu des touristes, peu enchanteur à première vue, ce n’est pourtant pas pour rien que l’endroit attire un couple d’Anversois, occupé à prendre en photo deux voitures qu’il compte ­mettre en vente. Face à eux, surplombant les toits des habitations voisines, se déploie en effet la somptueuse cathédrale Notre-Dame dans un angle pour le moins inédit. Un panorama gratuit et probablement plus paisible que celui qu’offre le MAS voisin, le musée ethnographique, anthropologique et maritime posé sur l’ancien port, qui reste néanmoins captivant.

Les silos de la Dendre – Ath

Le Hainaut est connu pour ses beffrois, à Mons, Tournai ou Binche, un peu moins pour ses tours industrielles. À deux pas de la gare d’Ath, les silos de la Dendre ont longtemps formé la minoterie de la famille Fontaine-Descamps. Cette imposante construction du début du XXe siècle a ensuite pris un tournant à la fin du millénaire quand elle a été investie par le collège Saint- Julien et le Forem. Aujourd’hui, un ascenseur mène au quatrième étage de la tour, d’où il est possible de gravir deux volées d’escaliers pour se retrouver au sommet. Face à la ville, son histoire, son beffroi.

Onze-Lieve-Vrouw-Bezoekingskerk – Lissewege

La légende dit que Lissewege figure parmi les dix plus beaux villages de Flandre. C’est principalement dû à ce surprenant canal Lisseweegs Vaartje, surmonté de trois ponts en bois et entouré de splendides maisons blanchies à la chaux. Mais son imposante église Notre-Dame de la Visitation n’est pas étrangère à cette réputation. L’édifice trône depuis le XIIIe siècle 50 mètres au-dessus des ruelles de ce petit patelin proche de Bruges. Au-delà de son intérieur gothique et de son buffet d’orgues, l’église vaut le détour pour le panorama qu’offre sa tour à 264 marches de la terre. D’un côté la mer, de l’autre les polders et les toits de la Venise du Nord.

Tour de la Famenne – Marche-en-Famenne

Inaugurée en 1973, la tour de la Famenne a longtemps épousé les formes d’un calice – un tronc fin surmonté d’une coupole épaisse – où trônait un restaurant tournant qui offrait une vue panora­mique sur la région de Marche-en-Famenne. ­Surnommé à l’époque “le pou du ciel”, le bâtiment a vu son déclin progresser à mesure que la fin du siècle approchait. Régulièrement visé par des projets de réaménagement, l’ouvrage a finalement dû attendre l’investissement du groupe ­liégeois Ardent pour s’ouvrir à nouveau aux visiteurs. Après deux ans de travaux, la tour est désormais constituée de trois plateaux entourés d’un bardage métallique lui-même percé de diverses ouvertures. Une façon de laisser entrer la lumière tout en appréciant l’air frais à 63 mètres d’altitude. Seul point de controverse: le prix d’entrée – deux euros -, destiné à Casino Circus, la branche d’Ardent spécialisée dans l’exploitation de casinos et de jeux en ligne.

Tour de la Famenne

Tour de la Famenne. © DR

Fietsen door de bomen – Lommel

Pédaler à même la cime des arbres, voilà la formi­dable expérience rendue possible à Bosland, ce parc naturel d’aventure établi dans le Limbourg entre Lommel et Bourg-Léopold. D’une forme circulaire, une piste cyclable s’étend sur 700 mètres et 100 mètres de diamètre pour s’élever 10 mètres au-dessus du sol boisé. Un lieu idyllique qui se mérite, puisque l’infrastructure se situe en plein milieu de la forêt et n’est accessible qu’à vélo ou à pied. “Les piliers sont comme des troncs d’arbres, expliquait au site Dezeen Pieter Daenen, fondateur de BuroLandschap, qui s’est occupé de la structure. Vous devez être vraiment près pour voir la construction dans ses environs. À 100 mètres de distance, vous l’apercevez à peine.” Les amateurs de hauteur apprécieront également De Reus van Bosland, cette tour de bois installée à onze kilomètres de là, ses 30 mètres de hauteur et ses 144 marches au bout desquelles la vue sur le fameux Sahara de Lommel est splendide.

L’aire de la Borne – Saint-Hubert

La base aérienne de Saint-Hubert constitue en soi une destination pour le moins originale. Nichée dans un espace aérien non contrôlé, elle favorise la pratique de l’aviation de loisir et le vol à voile. Ce que beaucoup ignorent, c’est que quelques mètres avant le parking, sur la gauche, débute un sentier de grand intérêt qui mène à la Fagne de la Basseille, une magnifique vallée secrète au cœur du massif forestier de Saint-Hubert. Après quelques centaines de mètres, le randonneur atteint l’aire de la Borne et son impressionnante esplanade suspendue. Les plus sportifs préféreront s’attaquer en entier à la balade de la forêt infinie, au départ de Laneuville-au-Bois. Celle-ci s’étend sur une douzaine de kilomètres – 4 heures 30 de marche pour les habitués -, passe au-dessus de ruisseaux et mène à plusieurs autres postes d’observation en bois d’une rare beauté.

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