On a pris le train de nuit entre Londres et l’Ecosse (photos)

Le Caledonian Sleeper circule entre Londres et les Highlands écossais. Un voyage unique qui redore le blason du train de nuit en Europe.

Caledonian Sleeper
© Emilien Hofman

Ce soir au Club, le classieux wagon-restaurant, toutes les tables sont réservées. Alors Steve invite à la sienne. On apprend que c’est la première fois qu’il monte dans le Caledonian Sleeper. Ce quinqua avait des rendez-vous professionnels à Londres. Il rentre chez lui, à Inverness. “C’est plus cher que les vols à 20 € d’EasyJet, mais ce n’est pas la même expérience: ici on vit et on voit le voyage”. Il est 21h15. Au bout du couloir, une porte dévoile une couchette cocoon à la déco très british, motif tartan compris. Les deux lits sont déjà dressés. Pas question de bouger quoi que ce soit dans ce compartiment personnel, les navetteurs de grande taille adapteront leur posture une fois assis pour éviter de se cogner la tête sur le lit du dessus. Le pack d’accueil contient une carte pour fermer la chambre à clé, le joli menu du déjeuner à commander à l’avance et un petit sachet contenant des savons. Parce qu’il est tout à fait ­possible de se laver. Dans une cabine exiguë mais au plafond haut, un système ingénieux transforme la toilette en douche. Dans l’espace principal, on trouve une petite poubelle, un évier avec eau non potable, des interrupteurs, des prises dans tous les sens et un rangement sous le lit (un conseil: mieux vaut privilégier les bagages mous). Sur un dépliant, le message de la compagnie s’inscrit en grand: “Profitez de la façon de voyager la plus élégante entre Londres et l’Écosse”.

Les courbes des Highlands

Au départ de Londres, le Caledonian Sleeper s’élance six fois par semaine à destination de Fort William, d’Aberdeen ou d’Inverness. Au Club, où il est possible de capter du Wi-Fi, Steve est particulièrement fier d’accueillir des visiteurs curieux de découvrir sa ville. Il multiplie les conseils et recommande les endroits les plus intéressants. Le château? “C’était encore une prison il y a deux ans. Aujourd’hui, c’est en travaux pour devenir un centre touristique. Mais il y a Leakey’s Bookshop, la plus belle librairie du Royaume-Uni, et de nombreux bars.” Une fois son verre de vin avalé, Steve se retire dans son compartiment. Au réveil, le soleil n’a pas encore prévu son lever ­lorsque le convoi s’arrête à Aviemore, une ville située dans le parc national de Cairngorms. Le Club est déjà rempli de voyageurs en chaussettes. Sur les tables, des œufs, du bacon ou le full scottish breakfast avec le fameux boudin noir. Derrière la fumée du café, les courbes des Highlands trahissent petit à petit la nuit, véritables géants de l’ombre tapis à l’horizon, ­surmontant les phares minuscules de voitures en route pour le boulot. Tomatin est la première bourgade à se distinguer des autres avec son entrelacement de maisons blanches qui grimpent le long de collines, laissant la rivière Findhorn filer vers la montagne.

Caledonian Sleeper

La beauté mystérieuse des Highlands. © Emilien Hofman

La ruine du château d’Urquhart surplombe le lac. © Emilien Hofman

Autour du Loch

Quelques minutes plus tard, le train arrive en bout de course, à Inverness. Alors que la ville s’éveille à peine, quelques cyclistes et backpackers ­débarquent sans masquer leurs intentions ni leur envie de nature et d’exploration. Ils transiteront probablement d’abord par la Ness Walk, une ­promenade agréable à faire entre la rivière Ness et les maisons victoriennes, à quelques encablures de l’artère principale, bourrée de magasins de sport. Inverness est en effet le point de chute idéal pour démarrer une aventure dans les Highlands. Ce matin, le loch Ness a des allures de mer avec ce vent de tous les diables. Deuxième lac le plus grand d’Écosse, il est parsemé de cascades sauvages et de nombreux ponts de pierre abandonnés. Au sud, il baigne la charmante petite ville portuaire de Fort Augustus, d’où partent quelques bateaux touris­tiques. Côtoyer le loch Ness rend paranoïaque et la moindre vague suspecte attire l’œil du badaud. Le lieu a sa légende, mais la brume et les forêts denses qui l’entourent participent de l’atmosphère envoûtante. James, de Peterborough, est en voyage avec sa femme. Au château d’Urquhart, magnifique ruine plantée sur une butte qui surplombe le lac, le vent lui pince sévèrement les joues. “J’adore”, lance pourtant ce grand gaillard, dos à la tour d’observation où des panneaux annoncent la présence de rats. “Je ne supporte pas la chaleur, donc l’Écosse est une destination de rêve, surtout hors saison.” Idéal pour une journée, le tour du Loch s’effectue via une route escarpée qui longe constamment la côte à moins de 30 mètres. Avant de revenir sur Inverness, d’où démarrent de nombreuses autres expéditions… ou le train du retour vers Londres pour attraper l’Eurostar, direction Bruxelles.

Ness Walk, promenade à la rivière Ness. © Emilien Hofman

Préparez votre voyage

Y aller La réservation (comptez 700 euros aller/retour par personne) se fait en deux temps, via le site Web eurostar.com pour se rendre à Londres, puis sleeper.scot pour poursuivre dans les Highlands.

Y loger Le River Ness Hotel est idéalement situé dans le centre, à deux pas de la gare.

S’y aventurer Rabbie’s Tours propose des découvertes originales et sans faux frais.

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