Comment se débarrasser efficacement des poux: quels traitements? quels produits?

C’est le cauchemar de tous les parents dès qu’un enfant se gratte la tête. Comment se débarrasser de ce parasite et éviter la recontamination? Suivez notre guide pratique.

comme se débarrasser des poux
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Des petites rougeurs à la base du crâne et sur les tempes, un cuir chevelu qui démange – particulièrement au niveau de la nuque et derrière les oreilles – et l’envie irrépressible de se gratter, parfois en se blessant. Pas de doute: les poux sont de retour. Et avec eux les moqueries et la stigmatisation de ceux qui en sont victimes. Sachant que les mâles de cette espèce d’insecte – pediculus humanus, c’est son nom scientifique – sont capables de féconder 18 femelles à la suite; que celles-ci peuvent pondre jusqu’à 300 œufs; que ces lentes n’ont besoin que de 10 jours pour devenir adultes et entamer, elles aussi, leur cycle de reproduction et que l’espérance de vie d’un pou est comprise entre six et huit semaines, la situation peut rapidement devenir ingérable.

Comment s’attrapent les poux?

Contrairement aux idées reçues, ce petit insecte n’est pas synonyme de mauvaise hygiène et s’agrippe à presque n’importe quel cheveu. Pour être contaminé, oubliez l’idée des bêtes qui ­sautent d’une tête à l’autre. Il faut un contact pour que le pou élise domicile sur un autre cuir chevelu. Et la popularité des selfies leur a forcément facilité la tâche… Pour les repérer, on se fie aux démangeaisons et à une observation précise du crâne. Le pou adulte est microscopique (6 mm maximum) et se déplace facilement, jusqu’à 23 cm par minute. Les lentes sont plus facilement repérables: de forme ovale, elles ressemblent à des pellicules mais ne sont pas aisément détachables. Lorsqu’elles n’ont pas éclos, elles sont d’une ­couleur grise. Blanches, elles sont vides et ont déjà donné naissance à un indésirable.

C’est principalement à l’école – haut lieu de promiscuité – que les poux se transmettent le plus souvent. Lorsqu’une épidémie sévit dans un ­établissement ou une classe, les parents sont généralement invités par courrier à traiter leur enfant. Selon la loi, “seul un enfant porteur de poux ou de lentes de façon chronique peut être écarté à l’initiative du Service de ­promotion de la santé à l’école (PSE)”. Cet écartement est d’une durée maximale de 3 jours. L’enfant contaminé peut revenir à l’école dès que le médecin traitant atteste de l’absence de poux ou que celle-ci a été constatée par un membre du service PSE.

un jeune garçon attrape des poux à l'école

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Comment s’en débarrasser?

Avant de commencer l’application du produit, posez une serviette sous les cheveux et démêlez-les avant de passer, de l’arrière vers l’avant et mèche par mèche, un peigne spécial. Celui-ci peut être soit en plastique soit en métal mais avec des dents très serrées. Idéalement, frottez-le avec un tissu après chaque passage. Certains opteront pour un peigne à poux électrique, à n’utiliser que sur cheveux secs. On en trouve pour tous les budgets mais son efficacité reste discutable surtout en raison de l’assiduité avec laquelle il faut l’utiliser: deux fois par jour au moins pendant 15 jours pour espérer un résultat correct. Son utilisation n’est pas à déconseiller mais doit venir en complément d’un traitement de fond.

Les produits destinés à lutter contre les poux représentent un sacré business. En fonction du nombre de personnes à traiter, et de la fréquence des infestations, le budget peut rapidement exploser. Deux grandes écoles s’affrontent: les produits industriels et les recettes de grand-mère. Quelle que soit la méthode utilisée, il faudra répéter le traitement une semaine plus tard. Et bien entendu, passer le ­peigne à poux quotidiennement entre les deux applications.

En pharmacie, vous trouverez une multitude de produits chimiques (shampoings, sprays, lotions…). L’idéal est d’utiliser un produit à base de silicone. Une substance qui va étouffer l’insecte. Attention à bien ­respecter la notice d’utilisation et à répéter le traitement dans les délais prescrits pour éviter une nouvelle contamination. Les recettes de grand-mère sont nombreuses. Oubliez les farfelues comme imbiber le cuir chevelu d’huile de vidange. Optez soit pour un masque à l’huile de coco que vous recouvrez d’une serviette et laissez poser pendant 8 heures avant d’effectuer un shampoing doux. Ou, pour ceux qui supportent plus facilement les odeurs, préparez un mélange d’eau et de vinaigre blanc et imprégnez-en les cheveux minimum 3 heures.

Nettoyage en profondeur

Il ne sert à rien de traiter l’ensemble de la famille si vous ne vous astreignez pas à un assainissement de l’environnement. On commencera par laver tout le matériel de coiffure (brosses, ­peignes, chouchous, barrettes…) et toute la literie à 60° (température à laquelle il est prouvé qu’un pou ne peut survivre). Même traitement pour les vestes, chapeaux, bonnets, écharpes, foulards… Pour les textiles qui ne peuvent ­supporter de telles températures, on conseille de les enfermer dans un sac, pendant au moins ­quatre jours: un pou ne survit pas au-delà sans apport de sang humain. Ensuite, lavez-les en machine ou aspirez-les si nécessaire. Pour les tissus d’ameublement, les canapés, les appuie-tête de voiture, vous pouvez fabriquer une lotion où vous mélangez des huiles essentielles (arbre à thé et lavande) à de l’eau. Après vaporisation, vous brossez vigoureusement l’endroit et vous y passez méticuleusement l’aspirateur. Certains produits spécifiques à l’assainissement de l’environnement sont disponibles en parapharmacie.

Prévenir, c’est guérir

Une fois l’environnement assaini, il est absolument nécessaire de mettre en place une prévention pour éviter une réinfestation. On commencera évidemment par une surveillance régulière du cuir chevelu. On rappellera aux enfants de ne pas échanger leurs bonnets, écharpes et foulards. Lors des cours de natation, on préférera toujours un bonnet en silicone, le pou pouvant s’accrocher aux tissus. Les cheveux longs seront attachés, soit en chignon soit en tresse.

Certains traitements préventifs se trouvent dans le commerce et agissent comme répulsifs. Attention à ne les utiliser que lorsque la tête est saine, sinon vous risquez de renforcer la résistance des poux aux futurs traitements. Vous pouvez opter pour une coloration au henné neutre qui, grâce à son action gainante, va former une fine pellicule à l’extérieur de la fibre capillaire, ce qui empêchera l’accroche des lentes. Attention cependant à ne pas utiliser sur des cheveux déjà colorés. L’opération est à reprogrammer une fois tous les six mois. Enfin, à condition que l’odeur ne vous soit pas insupportable, vous pouvez déposer deux gouttes d’huile essentielle de lavandin (sur la nuque et ­derrière les oreilles). Attention à ne pas utiliser sur les bébés et les femmes enceintes.

La clinique du pou

Par manque de temps ou quand la situation devient vraiment ingérable, certains peuvent décider de faire appel à un centre spécialisé. On en trouve beaucoup en France, mais en Belgique, il y en a encore très peu. Concrètement, ces cliniques proposent des traitements très différents mais tous avancent et garantissent la même promesse: une seule séance devrait suffire pour se débarrasser de ces très gênantes petites bêtes (avec souvent une seconde visite prévue pour une ultime vérification). Pendant que certains établissements uti­lisent un appareil pour déshydrater les insectes, d’autres les aspirent avant d’appliquer une lotion. Les tarifs varient fortement en fonction de la ­longueur des cheveux, de l’âge et du nombre de personnes traitées.

Quelques adresses

Bye bye poux
Rue du Champ de l’Église 52, 1020 Laeken. 0485/64.64.45. www.byebyepoux-lcp.be

Nopou
Chaussée de Waterloo 1012, 1180 Uccle. 02/539.48.08. www.nopou.be

Zantipoux
Rue Paul Pastur 123, 6043 Ransart. 0495/40.03.58. www.zantipoux.be

Esthekids
Chaussée de Louvain 23, 1300 Wavre. 0493/44.67.80. www.esthekids.be

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