Brosses à dents connectées, too much?

Les fabricants rivalisent d’inventivité high-tech pour rendre vos dents plus belles et plus blanches. Mais est-ce que la dépense est justifiée? Focus sur un produit de luxe.

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Les études le prouvent: le brossage électrique offre une efficacité deux fois supérieure à un brossage manuel. L’intérêt d’un tel produit n’est donc pas à remettre en question, d’autant que les dentistes recommandent également l’utilisation d’une brosse à dents électrique. Avec ses vibrations, de 7.000 à 48.000 mouvements par minute selon les modèles et les technologies, une brosse à dents électrique permet de nettoyer en profondeur chaque dent, de s’attaquer à la plaque dentaire et de cibler des zones souvent difficiles d’accès (notamment la surface intérieure des dents). Cette efficacité, les fabricants en sont évidemment conscients. C’est pourquoi ils redoublent chaque année d’inventivité pour promettre aux consommateurs des dents toujours plus blanches, toujours plus propres, et toujours plus étincelantes. Car en réalité, la brosse à dents électrique telle qu’on l’a toujours connue aurait pu en rester à son stade “primaire”. Soit un appareil rechargeable, qui vibre plus ou moins rapidement pour garantir un nettoyage intensif et moins agressif que le brossage classique. Mais une brosse à dents d’entrée de gamme, vendue 30 euros (soit le prix de l’Oral-B Vitality 100), n’a que très peu d’intérêt pour Oral-B ou Philips, les leaders du marché. Et c’est là qu’entre en scène l’intelligence artificielle.

Capteur et écran

Dans cette catégorie, difficile de faire mieux que l’iO 9s d’Oral-B. Non pas que cette brosse à dents garantisse de meilleurs résultats qu’une brosse à dents électrique classique. Mais les options proposées par le constructeur sont tellement nombreuses qu’on se demande si on frôle le génie… ou le ridicule. Jugez plutôt. L’appareil embarque un capteur de pression visuel, qui empêche de se brosser trop rigoureusement et donc abîmer les dents et la gencive. Le manche est équipé d’un écran, à l’affichage interactif, qui répond à vos mouvements, vous encourage, vous dit bonjour le matin (oui, oui). L’écran affiche également un compteur, pour atteindre les deux minutes réglementaires. Enfin, la brosse offre sept programmes (propreté, douceur, soin des gencives, propreté intense, extra-douceur, blancheur et rafraîchisseur de langue) pour coller au mieux aux exigences de chaque membre de la famille. Et l’intelligence artificielle dans tout ça? Selon Oral-B, elle permettrait une élimination de la plaque dentaire “100 % plus efficace en huit semaines”, et garantit des gencives “100 % plus saines en une semaine”. Soit autant de promesses quasiment impossibles à vérifier. Qu’à cela ne tienne, Oral-B propose malgré tout de les visualiser en connectant la brosse à dents à un smartphone, et voir, en 3D, quelles zones ont été oubliées. De son côté, Philips a récemment annoncé lors du salon CES la Sonicare 9900 Prestige. Une brosse à dents également boostée à l’intelligence artificielle et à la technologie maison SenseIQ, qui adapte le brossage et en offre une approche personnalisée pour chaque utilisateur. Évidemment, tout cela a un prix: comptez un peu moins de 300 euros pour l’iO 9. Et selon les premières rumeurs, près de 400 euros pour la brosse à dents “Prestige” de Philips. Vous l’aurez compris, à moins d’avoir trop d’argent à dépenser, il n’est pas nécessaire de se tourner vers ces modèles haut de gamme pour s’assurer une hygiène bucco-dentaire irréprochable. Le plus simple est de procéder par étapes, et d’éliminer certains modèles et certaines options au fur et à mesure et selon votre budget.

Comment choisir

Les fabricants proposent trois types de vibrations. Oral-B est réputé pour l’oscillo-rotation qui fait tourner la tête ronde de la brosse autour de la dent. Cette technologie offre une vitesse de mouvement importante, ce qui affecte la quantité de plaque qui sera éliminée. Philips opte quant à lui pour la vibration sonique. Reconnaissable grâce à sa tête ovale, visuellement proche d’une brosse à dents traditionnelle (mais en plus compact), cette technologie est comparable aux mouvements d’un brossage manuel, à ceci près qu’une brosse à dents sonique effectue plus d’un millier de mouvements par brossage en faisant vibrer les poils.
Une troisième variante, baptisée TriZone, offre un mix des deux technologies. La brosse est d’apparence classique, mais la partie supérieure tourne légèrement tandis que la partie inférieure vibre. Une technologie globalement moins répandue. Pour ne pas abîmer les gencives et forcer sur les dents, un capteur de pression est toujours utile. Bonne nouvelle, de nombreux modèles en intègrent un, sans avoir recours à un écran comme sur l’iO 9. Un simple indicateur qui s’allumera en rouge fera amplement l’affaire. Autre option pratique: le minuteur. Là aussi, pas besoin d’un écran. La plupart des modèles vibrent toutes les 30 secondes, pour indiquer qu’il est temps de brosser une autre partie de la bouche. Et une vibration plus longue indique que le brossage est terminé. Et last but not least, les brossettes de rechange, qu’il faudra remplacer tous les trois mois. Selon votre modèle, une tête pourra vous coûter entre 6 et 15 euros l’unité. Un coût qu’il vaut mieux prendre en compte lors de l’achat, surtout pour les grandes familles.
 

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