Chéri, le repas de ce soir sera aphrodisiaque

Le mythe des aliments qui mettraient le feu à notre libido est à peu près aussi vieux qu’elle. On fait le tour de la question, histoire de nous garantir une Saint-Valentin gourmande.

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S’il y a bien un domaine où les aphrodisiaques fonctionnent parfaitement, c’est celui de l’imagination associée à la gourmandise. Les aliments dits excitants peuvent se ranger dans trois grandes catégories même si certains, comme l’huître ou l’asperge, se distinguent dans plusieurs d’entre elles. Il y a tout d’abord les produits dont la forme ou la texture se révèle évocatrice pour notre esprit mal tourné, comme le concombre, l’asperge, l’huître ou la figue. Il y a aussi ceux dont on voudrait capturer le pouvoir par mimétisme, le meilleur exemple étant la poudre de corne de rhinocéros. Celle-ci équivaut à des rognures d’ongles (et si les ongles étaient aphrodisiaques, ça se saurait), mais peu importe, son commerce en Asie continue d’accentuer le braconnage de cette espèce en danger.

L’humain peut se comporter comme un animal bête et méchant quand il pense avec ses organes reproductifs. Enfin, la troisième catégorie comprend la longue liste des aliments et condiments, souvent des excitants, dont la rareté, la gourmandise ou le prix suscitent une émotion proche de l’excitation sexuelle. On pense au caviar, à la truffe ou aux fruits de mer, notamment. Voilà de quoi alimenter les fantasmes! Car si on s’intéresse uniquement à l’aspect physiologique des choses, la définition des aphrodisiaques se veut moins sexy. Il s’agit tout simplement des aliments qui présentent les qualités santé les plus affirmées. Eh oui, fini de croire au père Noël: pour bien baiser, il faut manger sain.

Douceurs sucrées

Dans la gamme des douceurs sensuelles, le miel est connu pour être une source importante de bore. Cet oligo-élément intervient dans tout l’organisme et participe à la métabolisation des oestrogènes, ces hormones qui stimulent l’excitation à la fois chez les femmes et chez les hommes. Par ailleurs, le miel contient de la vitamine B, utile pour améliorer les niveaux de testostérone dans le sang, l’hormone du désir chez les deux sexes. Autre aliment associé depuis des lunes au désir: le chocolat. Une étude italienne a constaté que les femmes qui en croquaient régulièrement tendaient à avoir une libido plus forte que celles qui n’en consommaient pas. Mais comme les chercheurs ont souligné que les participantes friandes de chocolat aimaient aussi faire l’amour, on se retrouve avec le dilemme de l’oeuf et la poule! Une chose est sûre toutefois, le chocolat contient de l’arginine, un acide aminé à l’effet vasodilatateur, et il stimule les endorphines, les hormones du plaisir. Bref, on n’atteint pas encore le point G mais au moins on s’offre un orgasme gustatif…

Délices salées et iodées

Côté légumes, l’asperge reste un classique de la cuisine de l’amour. En grande partie à cause de sa forme suggestive et un brin monstrueuse qu’il fait bon découper avec moult précautions plutôt que de la suçoter avec nonchalance en la tenant entre les doigts. Si Pline l’Ancien a découvert ses effets aphrodisiaques, on sait aujourd’hui qu’elle dope la production de testostérone. Dans la catégorie des stimulants sexuels, les fruits de mer tiennent le haut du pavé grâce à leur rareté, à leur association à des moments de fête et d’exception et aussi à leur teneur élevée en iode et en phosphore.

La reine, c’est évidemment l’huître dont la laitance émoustille l’imagination et dont le zinc booste la testostérone (encore elle!). Bon à savoir: la moule, plus prolétaire, dispose de ces mêmes qualités sensuelles. Dans le même ordre d’idées, le caviar, ce snob, a toujours une carte à jouer (on sait combien l’argent est un excitant chez les deux sexes!). Les Perses l’appelaient le “pain des amants” et il aurait comme vertu de fouetter la circulation sanguine. La truffe blanche d’Italie produirait le même effet grâce à sa teneur en androstérone, une hormone dérivée de la testostérone. Décidément, le désir est hors de prix!

Epices du plaisir

Les condiments et les épices ne font pas qu’exciter les papilles, ils titillent aussi gentiment notre libido si on est d’humeur câline. À commencer par l’ail, le truc qu’on ne mange jamais à un rendez-vous galant (en tout cas pas au premier) à moins de partager avec sa ou son partenaire la gourmandise des cuisines généreuses du Sud. Dans ce cas, l’ail qui, on le sait, présente mille qualités santé sera un atout tonus pour les partenaires qui entendent veiller toute la nuit. Il contient également de l’allicine qui augmente la pression sanguine, utile pour tenir la barre en pleine tempête de l’amour. Une propriété que l’on prête également au gingembre, que les empereurs chinois utilisaient déjà pour satisfaire leurs concubines. Les condiments, les herbes et les épices jouent aussi un rôle important pour ouvrir nos chakras. Ainsi, le safran est presque aussi stimulant qu’une hormone naturelle. La cannelle et le piment sont utilisés depuis des siècles comme excitants, tout comme le poivre de Cayenne qui boosterait la circulation sanguine. Le thym ne fait pas que soigner le rhume, il tonifie les nerfs, idem pour la sarriette. Et le clou de girofle est efficace contre la fatigue mentale et physique; donc, on enfonce le clou pour relancer la machine. De tout cela, une seule chose à retenir: manger fade nuit à l’amour et au moral!

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