Les balades qui rendent heureux

Le froid? Même pas peur. Nos paysages étincellent de givre et révèlent des beautés énigmatiques dans l’hiver. “Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais vêtements”, dit l’adage.

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Depuis la sortie en 2017 du livre La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben (Éd. Les Arènes), le végétal est tendance et fascine. Au Japon, la sylvothérapie (shinrin yoku) est considérée comme de la médecine préventive. Dans son livre, Shinrin Yoku, l’art et la science du bain de forêt, le médecin immunologiste Quin Li note que la pratique de la marche en forêt améliore la concentration et la mémoire, la santé cardiovasculaire et renforce le système immunitaire. On n’est pas obligé d’aller faire des câlins aux arbres… Il suffit de les observer, de sentir leur présence et leur énergie. Dimitri Haikin, directeur de Walk Your Mind emmène ses patients en balade parmi les hêtres de la Forêt de Soignes, au château de La Hulpe ou au Rouge-Cloître. “Lorsque le corps est en mouvement, les idées viennent. La marche a un côté hypnotique, propice au lâcher prise. Quant aux changements de directions, ils sont parfois révélateurs. Nous cheminons, le patient et moi, dans la même direction. L’absence de contact visuel autorise à la confidence. La proximité donne une sensation de sécurité et d’écoute.”

Les enfants d’abord!

Il n’y a pas d’âge pour se promener… Mais comment adapter son itinéraire aux petites jambes? Une règle éprouvée par les “parandonneurs” consiste à suivre les âges: à trois ans, l’enfant peut parcourir 3 km, à quatre ans, 4… et ainsi de suite. Pour les plus petits, préférez le portage à la poussette, pour des raisons de mobilité et de protection du froid Si vous optez pour les roues, vérifiez les itinéraires adaptés aux personnes à mobilité réduite en chaise roulante, ils sont plus praticables. Enfin, ne loupez pas cette belle occasion didactique. Emportez des sacs à “trésors”, pour récupérer les déchets abandonnés par les promeneurs inciviques. Jouez les trappeurs. Les frondaisons dénudées se prêtent tout particulièrement à l’observation des oiseaux et petits animaux. Durant vos promenades, vous pouvez contribuer à l’étude de la biodiversité de notre territoire, en récoltant des données. Depuis 2008, Natagora a créé le portail observations.be. Il vous suffit de vous y créer un profil, puis d’y uploader les sons, photos, données géographiques, que vous aurez recueillis sur le terrain. Moins sexy mais tout aussi utile, le site www.tiquesnet.be propose d’encoder l’emplacement, la date et les circonstances d’une morsure de tique.

Comment trouver un itinéraire?

Notre pays est jalonné de parcours tracés et référencés. Le tour à l’Office du tourisme reste incontournable, pour recevoir des conseils personnalisés et des cartes détaillées. Sur le site www.walloniebelgiquetourisme.be, vous trouverez en téléchargement de nombreuses promenades, classées suivant différents critères (accès aux PMR, durée, distance, autorisation des chiens…). Bonne nouvelle pour les cyclistes, le réseau points-nœuds s’est développé en Wallonie. Le principe est de constituer un maillage de voiries numérotées, qui se croisent et permettent de composer un itinéraire. Chaque tronçon fait en moyenne entre 5 et 8 km de long. Il suffit de préparer la promenade avant de partir, en notant la succession de numéros à suivre. Plus d’infos: www.fietsroute.be. Enfin, de nombreuses associations proposent des balades guidées thématiques, dans tout le pays.

Natagora (www.natagora.be). Pour des excursions à tout petit prix, axées sur la découverte du vivant. Rendez-vous ce 12 janvuer à Visé pour découvrir “Les oiseaux sur la Meuse”. Inscription obligatoire.

Rando Évasion, tous les jeudis, propose des balades de 8 à 10 km (10-12 km en été), en Brabant flamand, Brabant wallon et Hainaut. Lorsque le temps le permet, l’association organise également des randos en raquettes (possibilité d’en louer). www.randoevasion.be

Pour les sportifs, les associations GoCycling, GoBiking, GoRunning regroupent leurs sorties sur le site www.randobel.be. On y trouve aussi bien des trails (même de nuit) que des descentes de VTT, des semi-marathons…

Les excursions et séjours Défi Nature thématiques arpentent notre pays du nord au sud, en mettant en avant ses richesses naturelles. On a repéré, le 9 février, la balade nature Bouillon, où paysages et histoire s’entremêlent (de 10h à 16h30). www.definature.be

Les marches Adeps, tous les dimanches et jours fériés, rassemblent un public de fans au départ de leurs Points Verts. Les parcours balisés font 5, 10, 15 et 20 km et sont bien référencés (mention de la difficulté, de l’accessibilité aux PMR…). www.sport-adeps.be

Promenons-nous…

Dans les bois

Nos bois changent, suite au dérèglement climatique. Les épicéas, attaqués par les scolytes, souffrent, tout comme les hêtres, très sensibles à la sécheresse. Paradoxalement, dans certaines zones, la nécessité de reconstruire et réinventer la forêt permet le retour d’anciens paysages et essences. On voit revenir les tilleuls, les bouleaux, les alisiers, les chênes pédonculés. Pour découvrir les bois du futur, visitez la Forêt domaniale de Marche-les-Dames, zone Natura 2000 (source: www.dailyscience.be).  Vues sublimes sur la Meuse du haut des aiguilles rocheuses… La boucle est néanmoins assez physique et parfois boueuse (itinéraire à télécharger sur www.nature-namur.be, balise jaune).

En terre de légendes

La forêt de Stambruges, non loin du “Versailles belge” (le château de Beloeil), pourrait être notre Brocéliande, tant elle est peuplée de contes. On peut démarrer de la mer de Sable, puis arriver à la chapelle de l’Ercompuch (Arc aux Puits), établie sur une ancienne source sacrée. Autour, l’on trouve des arbres votifs, à clous et à loques, invoqués pour la guérison de maladies et les voeux. À l’extrémité nord, on repère la fontaine bouillante. La surface de cette source se trouve en effet perpétuellement agitée par l’air qui traverse la couche sablonneuse du fond via une faille… La légende voudrait que ses bulles soient le fait d’un carrosse englouti. Pour y accéder au plus près, démarrez du Hameau des Écacheries et rejoignez la forêt par la rue du Bosquet. Le trajet est balisé et la source se trouve au niveau du pont. Pour les itinéraires balisés, surfez sur www.visitwapi.be.

Sur le givre

Si la fagne est belle par tous les temps, le froid en magnifie les paysages. Au départ de la Baraque Michel, un sentier vous emmène dans les paysages tourbés et la Helle… La promenade, physique, fait 13 kilomètres. N’arrivez pas trop tard, surtout s’il a neigé: les skieurs de fond risquent d’envahir le paysage. Restez sur les sentiers balisés “marcheurs” et n’envahissez pas les pistes, vous risquez d’en abîmer le tracé. Pour toutes les balades, et les itinéraires en raquettes, surfez sur le site des Cantons de l’Est (www.ostbelgien.eu).

À côté de la digue

La Côte dans le vent et le froid, plaisir belge par excellence, se savoure sur les dunes du Westhoek à La Panne. Dans la réserve naturelle, surnommée “petit Sahara”, des balades ont été balisées parmi les plaines, les marais et les différentes dunes. Le lieu est semé de cartes explicatives. Une bonne idée pour une virée d’un jour en famille. Pour le détail des sentiers, surfez sur www.tourisme.depanne.be.

Dans la vallée de l’or

Le long de l’Amblève, rivière aurifère, et de ses affluents, se trouve l’une des plus belles destinations de Wallonie. On y croise l’Ourthe, les lacs de Bütgenbach et de Robertville. On s’y immerge dans la nature sauvage. On y grimpe la boucle du Ninglinspo (l’un des sentiers les plus marrants et acrobatiques). Le point de départ se trouve à Sedoz (au parking) et la randonnée est balisée du rectangle bleu. Sur www.wallonie-tourisme.be, vous trouverez d’autres tracés.

@DenisErroyaux

Une résolution pour 2020

Si Compostelle reste compliqué, des pèlerinages bien belges nous proposent leurs étapes. Un défi à accomplir cette année?

Les Sentiers d’art de Condroz-Famenne

140 km divisés en trois sentiers balisés de rouge, de 45 à 50 km de long. 42 oeuvres d’artistes internationaux y sont semées dans les paysages de campagne. Tout le long, des abris poétiques et artistiques accueillent les randonneurs pour la nuit (premier arrivé, premier installé). www.sentiersdart.be

Le sentier des abbayes trappistes

De Chimay à Orval en passant par Rochefort, on parcourt à son rythme 260 km d’efforts et de réconfort. Ce vrai GR balisé a été créé par la région. On peut le trouver en détail en format GPX ou PDF sur www.grsentiers.org.

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