Le jeûne de dopamine, la dernière tendance de la Silicon Valley

Dans la vallée de la tech, les jeunes entrepreneurs veulent revenir à un mode de vie plus épuré, où le plaisir est réduit à son strict minimum.

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C’est un régime d’un genre particulier — aucun doute là-dessus. Se déplacer lentement, pour ne pas faire augmenter son rythme cardiaque. Enfiler plusieurs couches de vêtements pour se réchauffer, à cause du jeûne alimentaire. Boire des liquides, bien sûr, mais rien de trop agréable : de l’eau ou un bouillon fade, c’est l’idéal. Pas de travail, bien sûr, et encore moins d’écrans. Les stimulations et interactions se doivent de toute façon d’être les moins nombreuses possibles. Pas de musique, pas d’écrans, pas de sexe.

C’est le menu des startups de la Silicon Valley depuis que le phénomène de « jeûne de dopamine » y est apparu. Un traitement plutôt simple, à vrai dire, « puisqu’il consiste à peu près à jeûner de tout », décrypte le New York Times, qui a rencontré certains de ces gourous de l’ennui. Principalement suivie par de très jeunes entrepreneurs, tous dans la vingtaine, la tendance consiste à faire baisser naturellement le taux de dopamine, la fameuse molécule du plaisir, dans le corps. « Nous sommes accros à la dopamine. Et parce qu’on est stimulés continuellement, on finit par en vouloir toujours plus, et les activités qui nous procuraient du plaisir ne le font plus », explique l’un des fondateurs de la startup SleepWell, convaincu. Leur objectif est donc de « réinitialiser » ces récepteurs pour ressentir à nouveau la satiété de dopamine.

« J’esquive les contacts visuels parce que je sais qu’ils m’excitent. J’évite les rues animées parce qu’elles sont trop vibrantes. Je dois me battre contre l’envie de manger des plats délicieux », détaille-t-il encore. Si le moyen ultime d’éviter toutes ces tentations est une privation sensorielle totale, comme dans ces capsules de flottaison que l’on retrouve jusqu’en Belgique, les kids de la Silicon Valley n’envisagent pas de méthodes aussi radicales. Certains chasseurs d’opportunités voient pourtant dans le phénomène une énième manière de monter un business juteux, comme ce centre de méditation qui impose à ses adhérents de s’asseoir dans un salle obscure les yeux fermés durant dix jours. Ou quand les riches esprits de la tech découvrent le principe de la sieste.

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