Venez faire du Vhello dans le Hainaut

Vélo et visites? Profitez de ce beau week-end annoncé pour découvrir le programme Vhello de la Province du Hainaut qui s’appuie sur le réseau des points-noeuds pour inviter à découvrir ses richesses naturelles et culturelles. Testé et approuvé

@Geoffrey Fritsch

11 – 17 – 69 – 6 – 66 – Silex’s – 55 – 19… Code secret? Non, un des itinéraires du réseau cyclable balisé du Hainaut intégrant un arrêt au site des minières néolithiques de Spiennes, Silex’s. Chaque numéro à deux chiffres représente une intersection (point-noeud). À chaque carrefour, des balises indiquent la direction du ou des PN suivants. Vhello se targue de 880 kilomètres de réseau, répartis sur 24 communes. Sur une monture électrique ou pas, à louer ou non, la balade en vélo n’a jamais été aussi facile à organiser. Si un ciel pas trop chargé ajoute au plaisir de circuler au vent, l’expérience s’avère réjouissante. Ce tour du grand Mons par les sentiers, chemins de traverse et routes pavées, mal entretenues, secoue un peu, mais c’était indiqué sur la carte livrée à l’Office du tourisme. Le système de balisage rappelle les jeux de piste de l’enfance. Il faut y rester attentif, tout comme aux bandes cyclables suggérées, aux sens uniques limités, aux zones piétonnes… Le réseau des points-noeuds reprend actuellement des milliers de kilomètres à parcourir sans carte. Il suffit de planifier son itinéraire, d’aligner les numéros de PN et de grimper sur sa bécane. On doit cette technique des “knooppunten” à un ingénieur des mines, Hugo Bollen, devenu à sa retraite directeur régional des paysages dans le Limbourg. La petite histoire voudrait qu’il se soit inspiré du système d’orientation des mineurs dans les tunnels miniers, mais il n’en est rien: indiquer le nom de chaque village était trop long, l’ingénieur a transformé ceux-ci en nombres. Au début, les responsables du tourisme sont peu enthousiastes, mais les utilisateurs se multiplient. À partir de 1996, la toile s’étend progressivement en Flandre, en Wallonie, aux Pays-Bas, en Allemagne, en France (voir le réseau de Wallonie picarde). Les provinces de Luxembourg, Liège et Namur progressent. Le thème de la promenade du jour: “Sur les traces du patrimoine Unesco” de la capitale hennuyère (niveau confirmé), une des onze possibilités proposées par la Maison du tourisme de Mons. Bientôt une route champêtre mène à Silex’s, splendide site planté au milieu des champs auquel on peut aussi accéder par une petite promenade à partir du parking de l’église de Spiennes, en longeant la vallée de la Trouille. Réflexion: qu’est-ce qu’on connaît mal son propre pays!

Magie des champs de cailloux

Comme une tente posée pour protéger un site de fouilles, un pavillon d’accueil à l’architecture futuriste. L’édifice abrite un “centre d’interprétation” des connaissances recueillies dans les mines de silex datant de la période néolithique, reconnues, depuis 2000, Patrimoine mondial de l’humanité. Sous la structure contemporaine, un champ de fouille autour d’une minière, accessible à partir de 10 ans, et un espace didactique décrivant la maîtrise de nos ancêtres de techniques élaborées pour tailler le silex, fabriquer des haches, des outils, se nourrir… Une vraie tente de fouilles se dresse juste à côté, les archéologues guident parfois eux-mêmes les visites. Silex’s met en avant le champ discret de la recherche archéologique. Ce focus sur le génie humain des populations issues de la Mésopotamie et arrivées dans nos contrées à partir de 6.000 avant Jésus-Christ modifie notre regard. Le changement d’échelle décentre. À nouveau en selle, on emmène avec soi le sentiment réconfortant de savoir que des gens consacrent leur vie à chercher à comprendre ceux qui nous ont précédés. Dans le centre de Mons attendent d’autres visites (voir encadré). La balade pourrait se prolonger: lieux de restauration, hébergements, adresses de location et réparation de vélo complètent les propositions de promenades, offrant à chacun de mettre au point sa propre formule.  www.vhello.be

Le patrimoine Unesco dans le centre de Mons

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Le beffroi
En 1837, dans une lettre, Victor Hugo en décrit le style (baroque) à sa façon: “La silhouette de la ville est chargée de trois beffrois dans ce goût tourmenté et bizarre qui résulte ici du choc du Nord et du Midi, de la Flandre et de l’Espagne. La plus haute de ces trois tours, bâtie sur l’emplacement de l’ancien château, et, je pense, vers la fin du XVIIe siècle, a un toit vraiment étrange. Figure-toi une énorme cafetière flanquée au-dessous du ventre de quatre théières moins grosses. Ce serait laid si ce n’était grand. La grandeur sauve.” Le visiteur profite, ici aussi, des rénovations et aménagements de premier plan datant de 2015. Cinq étages accessibles par ascenseur, pour s’élever vers les 49 cloches, apprendre ce qu’était le métier essentiel de guetteur, ou que le carillon était “une source d’information de masse”… www.beffroi.mons.be

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Le Mundaneum
Ce lieu naît de l’entreprise improbable de deux hommes qui voulaient rassembler tous les savoirs du monde. Paul Otlet et Henri La Fontaine (Prix Nobel de la Paix en 1913) en sont persuadés: c’est l’accès à la connaissance qui sauvera l’homme de ses envies de combattre. Ils inventent entre autres un système de classement universel. Le lieu continue à valoriser leur patrimoine et à questionner l’accès au savoir. www.mundaneum.org

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Le musée du Doudou
La ducasse de Mons, ou Doudou, reconnue Chef-d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité, n’a lieu qu’une fois l’an. Mais c’est aussi le reflet d’un état d’esprit qui anime la ville. La scénographie dynamique installée dans l’ancien mont-de-piété fait défiler un parcours d’interprétations historiques, anthropologiques, scientifiques, artistiques, laïques ou religieuses. Et revient sur le besoin de l’humain de “créer un imaginaire qui supplante le réel afin d’apporter des réponses à son quotidien”. www.museedudoudou.mons.be

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