Attention canicule annoncée… tout le monde à l’eau

L’eau ne manque pas dans le sud du pays. Cette année, elle y sert même de thématique bleue pour séduire randonneurs, gastronomes, écotouristes et familles. On embarque?

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Traversée par deux fleuves, l’Escaut et la Meuse, sillonnée par moults rivières, Semois, Sambre, Ourthe, Vesdre et autres Viroin ou Amblève, le tout nourri par une flopée de ruisseaux telles la Biesme, la Masblette ou la Pichelotte, la Wallonie se voit du coup également dotée d’un nombre impressionnant d’écluses, de ponts, de canaux, de berges, de quais, de sentiers, de chemins de halage où chacun peut trouver son bonheur qui cherche simplement à se détendre et à respirer. Et aussi tout qui veut pédaler en famille, faire du kayak, explorer en barque le monde souterrain de grottes creusées par la Lesse, randonner, faire une croisière évasion au départ de Dinant pour mieux découvrir sur les rives de la Meuse toute l’élégance d’un beau château à la française comme celui de Freyr ou les hautes bâtisses qui rappellent ce temps où pour nos arrière-grands-parents le tourisme mosan était du dernier chic.

La nostalgie n’a pourtant pas lieu d’être. Les plaisirs d’eau ont changé mais n’ont pas disparu. Sans doute sont-ils même aujourd’hui plus généreux, davantage ouverts au plus grand nombre. Peut-être sont-ils aussi plus conscients de la fragilité de cette eau et du monde vivant qui s’y développe, plus concernés par l’élevage bio de truites ou de saumons comme pratiqué par exemple aux étangs de Freux du côté de Libramont. Bref, en choisissant l’eau comme thématique pour booster son tourisme en 2019, la Wallonie a non seulement brassé large, mais aussi parié juste. Alors à vélo, à pied, en péniche, en terrasse, il ne nous reste plus qu’à aller prendre un ascenseur à bateaux, nous immerger dans un bain de bulles, dévaler les toboggans d’un parc aquatique, déguster une escavèche sur une terrasse au bord de l’eau, nous laisser porter par la mélodie d’un ruisseau. Parfois, oui, cela se passe sous le parapluie. Mais qu’importe, on reviendra, c’est si près de chez soi!

 

WBT - DAVID SAMYN

Les lacs de l’Eau d’Heure

Cinq lacs, de l’aquabike, du stand-up paddle, du canoë-kayak, de la planche et du bateau à voile, du jet-ski, de la plongée, du bateau à moteur et même un Crocodile rouge se muant en amphibus… Ici, l’eau se veut ludique, sportive. Pour les amateurs de nature, plus de 100 km de sentiers balisés et 24 ha de feuillus classés en Réserves forestières intégrales, le tout sur 70 km de berges, soit la longueur de la côte belge. On n’oublie pourtant pas que l’on est ici dans une chaîne de lacs de retenue de l’Eau d’Heure. Pour comprendre, on visite sous terre les galeries du barrage. Et pour mesurer l’ampleur de ces travaux entrepris dès 1977, on prend l’ascenseur pour accéder à la Tour-belvédère, 107 m plus haut!

WBT - JP REMY

Les Jardins d’eau d’Annevoie

Un classique dont on ne se lasse pas. D’autant que depuis le rachat du domaine par la famille Loumaye, les jardins retrouvent leur éclat avec des haies reconstituées, des arbres élagués, des charmilles entretenues. C’est aussi redevenu un enchantement de se balader entre les fontaines, les cascades, les étangs, les rocailles et les jets d’eau, le tout conçu au XVIIIe par le maître des forges Charles-Alexis de Montpellier. On se croirait dans un petit Versailles. “ Mais ici, aime-t-on préciser à Annevoie, il n’y a aucune machinerie pour faire jaillir l’eau.” Surplombant le domaine, un grand canal fournit en effet, à lui seul, l’eau et la pression nécessaires pour créer cette symphonie aquatique.

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Les Marais d’Harchies

Dans la vallée de la Haine, ce site s’étend sur 550 hectares à travers les communes d’Hensies, de Pommeroeul et d’Harchies. Dans un sol creusé il y a longtemps par l’homme pour en extraire du charbon, l’eau s’est infiltrée par la suite. Aujourd’hui, ce patchwork d’étangs, de marécages, de rose- lières et de prés est très apprécié par les oiseaux venant y hiverner. Le grand cormoran et le héron cendré s’y sont même carrément établis. Le CRIE (Centre régional d’initiation à l’environnement) s’y est lui aussi installé. Sa mission? Sensibiliser le public à cette biodiversité. Plusieurs sentiers pédestres proposent aux écovisiteurs de belles découvertes. S’il est un lieu où l’on comprend que l’eau, c’est la vie, c’est bien ici!

wbt - bruno dalimonte

Le Canal du Centre

Vestiges d’un glorieux passé industriel, les quatre ascenseurs hydrauliques du Canal historique du Centre, construits au XIXe siècle dans la région de La Louvière, sont inscrits au Patrimoine de l’Unesco. Vaut également le détour, cet imposant ascenseur funiculaire (1982-2002) destiné à répondre aux gabarits d’une navigation moderne. Du haut de ses 102 m, le panorama est superbe. Toute cette ingénierie, ancienne ou de pointe, se découvre à pied, en voiture ou via une croisière guidée. Au départ de la Cantine des Italiens, on peut même piloter un bateau électrique, sans avoir besoin d’un permis. On peut aussi se balader le long du chemin de halage en petit train touristique. Bref, un bon plan pour une escapade en famille ou entre amis.

WBT - PIERRE PAUQUAY

Le vallon du Ninglinspo

Près d’Aywaille, dans le bassin de l’Amblève, une rando suit le parcours du Ninglinspo, un petit torrent au nom bizarre. Unique en Belgique, il dévale la pente, à travers les sous-bois parsemés de blocs de quartzite qu’il a lui-même façonnés de siècle en siècle. De quoi rêver éveillé sous les ombrages… La balade fait un bon 6 km. Le chemin – mais c’est plutôt une piste en réalité – suit le torrent de près. Il faut parfois s’accrocher à la rambarde d’une passerelle, escalader, contourner des racines et éviter les rochers qui affleurent. Mais il y a aussi moyen de s’arrêter, de poser les pieds dans l’eau, d’écouter les oiseaux. À mi-chemin, stupéfiant point de vue sur la forêt aux 50 nuances de vert. Les enfants adorent. Attention, de bonnes chaussures de marche sont réellement indispensables.

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