Guerre en Ukraine : où en est vraiment le conflit, un an et trois mois après l'invasion du pays par la Russie?

On attend la contre-attaque ukrainienne comme le débarquement du 6 juin 1944. C’est pas gagné.

Volodymyr Zelensky, le 7 avril 2023
Volodymyr Zelensky, @BELGAIMAGE

Pour célébrer la capitulation nazie du 8 mai 1945, le président Zelensky a promis la victoire contre ce “mal qui a pour but l’asservissement ou la destruction”. On est d’autant plus enclin à le croire que nous sommes du même camp et qu’on nous bombarde de signes encourageants. Ainsi Poutine a droit au traditionnel défilé militaire (le 9 mai), mais les réjouissances ont été annulées dans les territoires frontaliers. C’est que les attaques et sabotages se sont multipliés en Crimée et en Russie, aux abords de Moscou (l’attentat contre l’écrivain nationaliste Zakhar Prilepine) et jusqu’au Kremlin où deux drones auraient été détruits (la propagande s’en est si vite emparée qu’on doute de l’info).

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Sur le front (1.800 km), l’Ukraine installe “le brouillard de la guerre” pour masquer ses plans: multiplication de petites offensives, infiltration derrière les lignes et informations choisies (la milice Wagner qui veut abandonner Bakhmout faute de munitions, des instructions russes de communication en cas de défaite qui font opportunément surface, énumération des armes lourdes livrées à l’Ukraine…). L’impatience de l’Europe monte tellement que Kiev a calmé les esprits. Il faudra attendre le bon moment (sol sec, livraison effective plutôt qu’intention) pour des gains qui ne seront ni définitifs ni complets, mais qui entretiendront l’espoir, relanceront l’aide occidentale (enfin des avions?) et décideront peut-être des négociations de paix.

De l’autre côté des tranchées, ce n’est pas la déroute. Les frappes russes restent assez nombreuses pour saturer les défenses antiaériennes. Leurs drones ont été améliorés et les stocks réapprovisionnés. Les troupes ukrainiennes qui vont s’exposer en passant à l’offensive sont les premières à le reconnaître. Et la Russie n’est pas aussi isolée qu’on veut le croire. La Chine, dont l’Europe cible désormais les entreprises complices de Poutine, a rapproché l’Arabie saoudite de la Syrie, un allié de la Russie et de l’Iran, qui va réintégrer la Ligue arabe ce 19 mai, après dix ans de mise au ban.

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