Affaire du greffier : le Parlement wallon a inventé le concept novateur de «transparence secrète»

Lorsqu’il s’agit de créer du neuf, le Parlement de Wallonie fait son maximum.

greffier Frédéric Janssens
© BelgaImage

Au Parlement européen, des députés et leurs assistants se laissent corrompre par le Qatar ou le Maroc avec du bête gros cash. C’est d’un banal, ce coup de la valise de billets! D’un désuet! Et très décevant sur le plan créatif. Nos élus et hauts fonctionnaires du Parlement de Wallonie sont bien plus inventifs. Un exemple? Un chef-d’œuvre, même? Le greffier, nouvelle star du harcèlement et de la dépense somptuaire, tout le monde voit bien? Oui. Et le règlement du Parlement wallon? Moins. Et bien, celui-ci stipule que ledit greffier doit remettre un “rapport de transparence” sur les différentes missions parlementaires. Genre comme à Dubaï. Où, quand, qui, pour faire quoi, rencontrer qui, voyager comment, loger où, manger quoi, tout. En zélé fonctionnaire, Fred “T’es à la morgue à midi” Janssens s’est exécuté.

Et donc, puisque transparence il y a, moi le citoyen je vais pouvoir le consulter, ce rapport? Et moi le journaliste je vais pouvoir vérifier que nos sous sous de contribuables sont bien dépensés à bon escient? Peut-être même que ce rapport est en ligne sur parlementdewallonie slash mission slash Dubaï. Ah ben non, y’a pas. Donc je le demande au greffe. Ah ben re-non. Refus. Veto. Fuck off. Parce que, dans le même règlement du Parlement wallon, il est précisé que le “rapport de transparence” est… “secret”. Donc là je dis clap-clap-clap, champion du monde de l’innovation et chef-d’œuvre absolu de création: mu par sa folle imagination, le Parlement de Wallonie a inventé le concept totalement novateur de “transparence secrète”. Et le PW n’est pas qu’inventif! Il a du vocabulaire, aussi. Et il maîtrise parfaitement la nuance sémantique. Prenez l’article 153 du règlement: “Le Parlement assure la transparence maximale de ses activités”. C’est top, ça! Il “assure” la transparence! Un engagement ferme! Un mantra, même! Sauf que rastrin, m’fi… Y fé écrit quoi, exactement? Y fé écrit transparence “maximale”. Pas transparence “totale”. C’est assez dire que, question transparence, on fera le maximum (notion très élastique). Mais que si jamais par hasard il se fait qu’on n’y arrive pas, on aura fait son petit possible. Et personne ne sera fautif. Donc sanctionnable. Des artistes, je dis.

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