Affaire du greffier : enfin une prise de conscience du politique wallon ?

Ce mercredi, nous sommes revenus sur le dossier du Parlement wallon. Plus jamais ça ? Possible.

greffier du parlement wallon
Au parlement wallon, les frasques du greffier Frédéric Janssens éclaboussent. © BelgaImage

Quand un scandale lié au monde politique éclate, on est parfois bien en peine de trouver des interlocuteurs qui se déplacent sur un plateau de télé. Vous y ajoutez une demi-finale de Coupe du monde qui se déroule le même soir et vous vous dites que parler du parlement de Wallonie ne sera pas chose aisée. Et pourtant… Les cinq partis présents dans l’hémicycle du sud ont accepté l’invitation assez vite. C’est plus facile pour l’opposition mais il faut noter la volonté d’ouverture des trois partis de la majorité. Les cinq chefs de groupes - cinq hommes, faudra un jour qu’on en discute aussi - sont donc venus ce mercredi à la RTBF. Contrairement à ce que je pensais, l’ambiance était bonne. Nous avions évidemment tous un œil rivé sur le match et les petites piques lancées entre les invités concernaient davantage France-Maroc que le Parlement de Wallonie. Sur le plateau, le sérieux s’est imposé. J’ai senti une prise de conscience gigantesque de la très large problématique des pratiques qui ne passent plus en 2022.

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Un fonctionnaire menaçant ? Il pourra désormais être viré sur le champ et sans indemnité. Un contrôle des dépenses des élus ? La Cour des comptes va s’en charger. L’opposition n’est pas présente dans le bureau politique et n’a pas accès à tous les documents ? Ce sera bien le cas désormais. Les conditions de voyage et d’hébergement lors de mission à l’étranger ? On peut clairement envisager un plafond et ne plus considérer qu’un 5 étoiles est la norme. Je ne me souviens pas avoir entendu, en une heure, autant d’actes concrets posés en réaction immédiate à des situations inadmissibles en démocratie. Il faudra confirmer c’est évident mais les choses bougent. A l’issue du débat, très serein par ailleurs, les invités étaient plutôt contents d’avoir pu échanger sur ce qui se fait et qui va encore se faire. La Wallonie n’est pas une «terre de scandale». Et les partis s’engagent à redorer le blason du politique wallon. La soirée s’est poursuivie avec des discussions courtoises entre les uns et les autres. Un climat presque optimiste… Parfois très tendue, l’atmosphère de nos coulisses était plutôt lisse.

Retrouvez Sacha Daout dans QR le débat chaque mercredi à 21h50 sur La Une

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