Il est temps d’écouter plus et mieux le SOS de la police

Nos forces de l’ordre sont au bout du rouleau. Entre agressions et sous-effectifs, c’est la sécurité de notre société qui est menacée.

manifestation policiers
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Pendant la crise sanitaire, on a beaucoup évoqué les manques de personnel de nos hôpitaux. Les risques pour la santé publique sont gigantesques et la diminution de la menace Covid a fait perdre de vue l’impérieuse nécessite de refinancer le secteur. Le constat vaut aussi pour notre police. La mort récente d’un agent, égorgé en pleine rue, est une dramatique face cachée d’un trop gros iceberg. A côté de ce meurtre très lâche, il y a une multiplication d’agressions physiques et/ou verbales qui sont, aux yeux des forces de l’ordre, trop peu punies. Cette semaine, Vincent Gilles, du SLFP police, a eu une phrase forte. Il expliquait une sorte de ras-le-bol en faisant le constat que les agresseurs de policiers passent moins de temps au palais de justice que les collègues de leurs victimes qui les emmène devant le juge. Ce sentiment d’injustice de la part de celles et ceux qui nous protègent au quotidien est un signe inquiétant. Les promesses de renforts sont restées lettre morte. Notre sécurité s’en trouve finalement un peu en danger.

Quand on parle des difficultés de la police, on parle aussi souvent des «zones de non-droit» qui existeraient dans certaines communes. Je savais que des patrouilles devaient être parfois plusieurs pour éviter un véritable lynchage. Là encore, la police explique que c’est le manque de moyens qui empêche de «mettre de l’ordre» là où c’est nécessaire. Résultat : une police en sous-effectifs est une police qui donne des signes de faiblesse. C’est sans doute ce point faible, et l’impunité déjà évoquée, qui provoques les agressions à répétition. Certes, les règles judiciaires ont évolué, elles se sont durcies, pour les auteurs d’agressions. Mais ça ne suffit pas. Tant que cela ne changera pas plus radicalement les casseurs continueront leurs méfaits sur la voie publique. Peut-on accepter cette violence aveugle dans les rues d’un monde moderne ? En ne donnant pas plus de suite aux revendications des forces de l’ordre, notre gouvernement prend un risque. Comme pour les soins de santé.

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