Droit à l'avortement dans la Constitution : en Belgique, on chipote

La France va inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution. Et nous, on attend quoi?

manifestation pour le droit à l'avortement
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Donc ça, c’est fait. Ou presque. À Paris, 337 députés sur 370 (du lourd) ont voté l’inscription du droit à l’IVG dans la “Loi fondamentale” (en belge: la Constitution). Qui doit encore passer par le Sénat. Mais processus en cours, donc. Une réaction clic-clac au délire régressif américain de juin dernier, quand la Cour suprême formatée Trump a retiré le droit fédéral à l’avortement pour les Américaines. Réflexe de chat échaudé: en Europe, il faut urgemment bétonner l’IVG. Des fois que des réacs s’installeraient aux commandes ici et là, et confisqueraient les droits des femmes. Ils le font toujours. La preuve par la Hongrie ou la Pologne. Donc on fait du droit à l’avortement un droit fondamental. Et on le “constitutionnalise”. Donc pas touche!

Chez nous aussi? Ah ben non, chez nous, on fait comme depuis des années: on attend. Comme pour la dépénalisation complète de l’IVG et la possibilité d’avorter jusqu’à 18 semaines de grossesse (au lieu de 12). C’est nécessaire. C’est justifié par les professionnels. C’est voulu par les femmes. Mais non. On lambine. On chipote. On reporte. Entre susceptibilités et hypocrisies. Les 45 députés Belang et N-VA sont contre, O.K. L’extrême droite est toujours contre un progrès des droits humains. Mais les autres? PS, Vooruit, Écolo, Groen, Open VLD, PTB-PVDA, Défi et même Engagés (ex-PSC) sont tous prêts. Donc, c’est une majorité, ça! Oui: 81 députés sur 150. On vote alors? Non, on attend que cesse le petit chantage indigne du CD&V (aile chrétienne): plus de Vivaldi si on dépénalise. Et donc frigo. Et pour l’IVG à couler dans la Constitution? Pas mieux. On attend aussi. Le CD&V, mais pas que. On attend aussi le MR. Ou plutôt on attend que son président ait fini de faire son malin. Comme d’hab, GLB prend la pose avec du “plus intelligent” (dixit lui-même) à inscrire dans la Constitution. Pas le droit explicite à l’IVG mais le droit fondamental “à disposer de son corps”. C’est plus vague, c’est moins précis, et donc sujet à interprétation, mais c’est du GLB: se démarquer. Contre l’avis de beaucoup de mandataires MR. Donc on attend. On attend 2024, quand le Belang et la N-VA arriveront au pouvoir pour encore un peu plus “trumpiser” les droits des femmes?

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