Le football et la fête, les victimes collatérales de cette Coupe du monde controversée

Ce mercredi, on regardera les Diables en famille. Tous les enfants n’ont pas cette chance.

le brassard inclusif qui fait polémique à la coupe du monde
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Au milieu des polémiques accompagnant la Coupe du monde, on a finalement peu évoqué deux victimes collatérales: le football et la joie qu’il apporte aux petits autant qu’aux grands. En déplaçant la compétition en hiver, donc hors des congés, la Fifa l’a rendue beaucoup moins accessible. Au Brésil et en Argentine, là où l’équipe nationale est une religion, l’année scolaire s’achève. En Europe, la moitié des matches, dont certains 1/8 de finale, seront diffusés pendant les heures de classe. Les Belges s’en sortent pour la phase des groupes. Cela ne nous empêche pas d’en vouloir aux responsables parce que le plaisir d’être ensemble commence là.

Il a été sacrifié et il faut en désigner le vrai coupable: la Fédération internationale de football association. Le Qatar est peu fréquentable, certes, mais finalement il a peut-être plus progressé que son meilleur avocat, cette Fifa pourtant décapitée ces six dernières années par les enquêtes du FBI pour corruptions et blanchiments d’argent. Cette Fifa qui vient d’empêcher de défendre les droits humains en portant symboliquement le brassard “One Love” en menaçant d’un carton jaune, et donc à terme d’une suspension, les capitaines des équipes prêtes à payer les amendes habituelles (la Belgique, l’Angleterre, l’Allemagne, les Pays-Bas… mais pas la France de Platini, Sarkozy et Le Graët). La petite monnaie n’achète pas tout. La Fifa a des principes. Et de l’humour. Ironiquement le premier brassard officiel portera l’inscription “Le football unit le monde”, le second, “Sauvons la planète”! En finale on aura droit à “Le foot: c’est le bonheur, l’espoir, l’amour et la paix”. En mars prochain, le président Gianni Infantino devrait être le seul candidat à sa succession. Il sera “démocratiquement” réélu grâce aux plus petites des 209 fédérations nationales de foot qui le remercieront ainsi pour une Coupe du monde 2026, dévaluée sportivement mais pas financièrement, à 48 nations (jusqu’en 1982, on jouait à 24). Cela fait beaucoup plus d’argent, pour beaucoup plus de monde.

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