Que font ces lobbyistes des énergies fossiles à la COP27 ? Ils "conseillent"

Des lobbyistes des énergies fossiles au sommet sur le dérèglement climatique, ce sont des renards dans le poulailler.

COP27 conférence pour le climat
© BelgaImage

Quand vous allez nourrir vos poules, vous entrez dans l’enclos avec des renards? C’est ce qui se fait au ­poulailler onusien de la Cop 27 à Charm el-Cheikh (et précédemment à la Cop 26, 25, 24…). Une conférence sur le climat qui, pour rappel, doit prendre les mesures “de la dernière chance” pour sauver la Terre de son étouffement. Donc, pour les ceusses qui n’auraient pas encore capté, qui doit juste sauver l’Humanité (d’elle-même). Pour y être invité, il suffit d’être acteur du secteur et de s’inscrire. Et donc toc-toc, je suis le Renard, je peux entrer? Mais certainement, M’sieur Renard, puis-je vous ­présenter quelques poules? Merci, vous êtes trop aimable… C’est ainsi qu’en Égypte, on a croisé Patrick Pouyanné, le P.-D.G. de TotalEnergies. Celui qui, il y a deux ­semaines, trouvait “complètement justifié” d’avoir été augmenté de 52 % (à 6 millions/an!) étant donné que son entreprise fait d’“excellents résultats” (dus aux surprofits de la crise). Le gars venait donc dans la basse-cour climatique pour faire doudouce aux poupoules. Quand on n’est pas un méga-cador comme Patoche, on peut aussi se déguiser en “conseiller”, payé (très gros) par le secteur.

Ils sont 636 lobbyistes envoyés à Charm el-Cheikh par des compagnies fos­siles. Record. Bien évidemment, on y vient muni d’une Visa Platinum. Et on convie à des “réceptions” les décideurs de certains pays. Les plus pauvres. Ceux qui ont le plus besoin d’argent (du secteur fossile, qui en dégouline). Études (bidon) à l’appui, on démontre que ceci n’est jamais qu’un ramdam de pays riches. Et que tout ça est bien futile au regard des pipe-lines de pétrodollars qui pourraient “aider”. Le plus efficace est encore de faire partie de ces délégations: 29 des 200 pays représentés à la Cop 27 ont une délégation qui comprend des “conseillers” des industries du pétrole, du gaz ou du charbon. Et ce n’est aucunement de la corruption, hein donc! Dans le beau monde du “après moi les mouches”, on parle de “soutien”. Et d’”expertise”. Grâce à laquelle la Cop 27 sera un four de plus. Heureusement, en 2023, il y aura la Cop 28. Celle de la toute, toute, toute dernière chance. Qui se tiendra à… Dubai. C’est dire si les renards seront encore invités au poulailler.

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