Policier tué à Schaerbeek : victime de notre surréalisme macabre

Un policier est mort à Bruxelles, victime d’un déséquilibré et de l'éternelle autosatisfaction belge.

policiers rendent hommage à leur collègue tué à Schaerbeek
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Jeudi soir, à Schaerbeek, deux policiers (29 et 23 ans) ont été poignardés. Thomas M. est mort des blessures infligées par ­Yassine M. Au moment d’écrire ces lignes, 170 heures plus tard, il reste tant de questions que les ministres Annelies Verlinden (Intérieur) et Vincent Van Quickenborne (Justice) en répondront devant les ­parlementaires. On se demande comment ils pourront expliquer que, dans notre pays et nulle part ailleurs, un repris de justice, issu d’une famille radicalisée, lui-même fiché comme radicalisé, vient se “constituer prisonnier” en avouant sa haine de la police et demandant une intervention psychiatrique pour l’empêcher de passer à l’acte. On a vu des cas plus difficiles à boucler. Pourtant, il n’a pas été interné. Quelques heures plus tard, au cri de “Allahu Akbar”, il tentait de tuer deux policiers.

Les parents de Thomas, respectueux des convictions de leur fils, ne veulent aucune expression de haine. Mais l’affaire doit secouer le monde politique et judiciaire. Certes, la justice ne peut pas s’emparer d’un dossier avant qu’un délit ne soit commis. Mais des observateurs sérieux se demandent comment police, parquet, service psychia­trique et cellule de déradicalisation ne peuvent toujours pas communiquer efficacement 25 ans après l’affaire Dutroux dans un pays qui a quasi inventé le mot “dysfonctionnement”. Sur LN24, Martin Buxant a déterré un courrier envoyé aux ministres de la Justice et de l’Intérieur par les bourgmestres de Saint-Josse, Evere et Schaerbeek. Il dénonçait l’abandon des quartiers nord marqués par les trafics, la ­drogue, la prostitution, la violence et l’afflux de sans-papiers livrés à eux-mêmes. Cet avertissement date de novembre 2021. Rien n’a été fait. À défaut du déploiement d’une police fédérale expérimentée, des policiers communaux sont exposés sur ce terrain difficile. Notre ­confrère y voit un refus de la N-VA d’investir dans un service fédéral. Sans doute. Mais le coupable est aussi cette Belgique éternellement satisfaite d’elle-même où tout est tranquille jusqu’à la mort.

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