Avis à nos autorités : il est crucial de se montrer exceptionnel face à une crise exceptionnelle

Mercredi dernier, la détresse de citoyens accablés par la hausse des prix m’est tombée dessus à deux reprises. Tristesse et impuissance.

De Croo face à la crise énergétique en Belgique
© BelgaImage

Il était 9h30, ce mercredi, dans le studio de Vivacité. Je suis face à Cyril. L’émission " C’est vous qui le dites " entame une discussion sur le pouvoir d’achat. On donne la parole à Alexandre. Il explique qu’il est boulanger indépendant et qu’il vient d’ouvrir une enveloppe : sa facture énergétique. La voix d’Alexandre se froisse, on sent l’homme en pleurs. Cette enveloppe ouverte, c’est le début de la fin de sa vie, dit-il. Il ne pourra pas payer. Il va vendre sa maison. Il va fermer son commerce et licencier ses employés. Ses sanglots explosent dans mes oreilles, Alexandre trouve encore le courage de se reprendre pour expliquer qu’il vient de comprendre ce que signifie " basculer dans la précarité ". Ses idées sont noires. Il ne voit son avenir que sous un pont. Il dit même, dans un dernier cri, penser à en finir. Cyril a les yeux rouges. Je suis figé, incapable de trouver le moindre mot.

La journée se passe avec le souvenir incessant des mots d’Alexandre. Ils ne me quittent pas pendant la préparation du débat du soir sur la grève nationale, axée, elle aussi finalement, sur le pouvoir d’achat. Nous avons décidé de repasser, en ouverture du direct, les mots très lourds du boulanger. Ils ont donné le ton à un débat sur ce qui peut encore être fait dans notre pays. Patrons et syndicats se sont un peu affrontés sur leur vision de la meilleure solution. Indexation, charges sociales, taxes sur le travail… Quel projet de société choisir face à du jamais vu, jamais vécu ? La question n’a pas été tranchée en fin d’émission. Jean-Luc Vasseur, président des commerçants liégeois prend alors la parole. Sa colère éclate face au manque de réponses rapides et concrètes. Il explose en évoquant les travailleurs qui crèvent sous le poids des factures. Il craque à son tour. Ses sanglots concluent l’émission et une journée trop dure en émotions. Nos autorités doivent, c’est leur seul et unique job aujourd’hui, se battre jour et nuit pour sauver ce qui peut l’être. Il est crucial de se montrer exceptionnel face à une crise exceptionnelle. Il faut, plus que jamais, tenir les larmes à l’œil.

Retrouvez Sacha Daout dans QR le débat chaque mercredi à 21h50 sur La Une

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