Plan Good Move à Bruxelles : les défenseurs de la sainte bagnole, ces rois du bashing

Si, c’était mieux avant ! Quand Bruxelles était asphyxiée par la reine automobile…

une voiture à contre sens suite au plan Good Move à Bruxelles
© BelgaImage

Il y a pile 50 ans, les Bruxellois “anti” savaient déjà y faire. C’était au temps où la “plus belle place du monde” était surtout le “plus beau parking du monde”. Oui : la Grand-Place de Bruxelles était un parking de centaines de voitures ensardinées ! Et pour certains, elle devait le rester. Quand, en 1972, la Ville veut dégager ce tapis de taules, les défenseurs de la “liberté” de circuler en voiture partout, tout le temps, provoquent leur premier tollé. Efficace : la Grand-Place ne sera rendue aux piétons qu’en 1991. Plus tard, leurs descendants voudront aussi sauver les viaducs de Bruxelles. C’était si chouette, ces balafres autoroutières en pleine ville. Évidemment, il conchieront l’installation de sites propres pour les trams, qui gênent la sainte bagnole. En 2015, avec l’aide précieuse des réseaux sociaux, ce sera l’hystérie anti-piétonnier. Il fallait préserver la belle autoroute urbaine à quatre bandes qui traversait le centre. Et une place de Brouckère lugubre. Il fallait aussi continuer d’empester l’atmosphère. Bien sûr, fermer une partie du Bois de la Cambre à la circulation pour le rendre aux promeneurs était hérétique. Un circuit automobile en plein espace vert, c’était trop bien. Et il fallait continuer de tracer dans les rues de la capitale, qui ne se partagent pas avec les autres usagers. Donc à bas les zones 30 km/h! Et haro sur les pistes cyclables qui me bouffent mon espace vital, à moi et à ma tire. Même sur “ma” rue de la Loi !

Depuis lors, les hurleurs s’ennuyaient un peu. Heureusement est arrivé un nouveau nonosse : le plan de circulation “Good Move” de la Région bruxelloise, destiné à faire respirer BXL en favorisant une mobilité douce. Et les rois du bashing sont à nouveau de sortie. On se défoule sur les réseaux. On casse du vert. On vandalise les panneaux routiers. Parce que c’est l’horreur, vous savez ! L’en-fer ! Et les autres, tous les autres qui ne hurlent pas sur Facebook, ils en pensent quoi ? On ne sait pas. Peut-être que tous ces autres comprennent que pour chaque changement, il y a un temps d’adaptation. Des corrections à apporter, à l’usage. Peut-être même que ceux-là trouvent leur ville plus agréable qu’avant. Plus apaisée. Plus vivable. Peut-être.

Sur le même sujet
Plus d'actualité