Et sinon, c’était quoi la revendication des chauffeurs du TEC Charleroi ?

Le réseau TEC à Charleroi a été fortement perturbé durant une semaine en raison d'une grève, ou plutôt d'un Viva For TEC.

des bus TEC à Charleroi durant la grève
© BelgaImage

La question est biesse, je sais, mais je la pose quand même. Parce que j’ai écouté, regardé, tout lu pour tenter de comprendre: pourquoi les conducteurs de bus carolos ont-ils arrêté de rouler une semaine complète? Comme ça. Sans préavis. Sans aval des syndicats. Quelque chose merde au TEC? Les salaires? Une prime impayée? Un sous-chef harceleur? Autre chose? Non mais c’est assez dire que c’était une grève sauvage liée à euh… Enfin, disons que ce débrayage spontané était, comment je vais espliquer… Ah oui! C’était un “mouvement d’humeur” question des prix de l’énergie et des difficultés financières de “tout le monde”. Du global, quoi. Donc, si on veut, c’était une action de type “Viva For Life”, qui prétend combattre la pauvreté infantile. En général. Une tentative de “Viva For TEC”, en somme, mais censée lutter pour le pouvoir d’achat de tous. En général. Et qui donc aboutit au même résultat que l’opération faux-semblant de la RTBF: à rien. Si, à des dizaines de milliers d’usagers carolos (dont certains sont déjà précarisés) encore un peu plus enquiquinés. Alors donc les gars, si vous le permettez, je vous propose une piqûre de rappel. On est bien d’accord que le droit de grève est important? O.K. Il est indispensable, même. C’est d’ailleurs pour ça qu’il faut le chérir. Et donc que ceux qui l’utilisent doivent le protéger, pour préserver son efficacité et son impact. Comment? Simple: en l’utilisant à bon escient. Donc en ayant une raison identifiable pour déclencher une grève. Un but. Voilà, c’est ça: une pertinence. Ce qui va susciter l’adhésion. Exemple? Les travailleurs de TotalEnergies sont en grève depuis plus d’un mois pour réclamer des salaires décents. Jeudi dernier, la direction annonçait fièrement un bénéfice net de 6,6 milliards rien que sur le troisième trimestre 2022. Le personnel trinque, les action­naires se bâfrent de surprofits: la grève a un sens. Et malgré les pénuries de carburant en France, elle est comprise. Soutenue, même. Et donc? Le droit de grève est renforcé. Pas déforcé par un “mouvement d’humeur” de poule sans tête. Qui n’était d’ailleurs pas suivi dans les autres TEC de Wallonie, où on a pourtant la gâchette de la grève assez nerveuse. C’est dire.

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