Mondial 2022 : Aller au Qatar, ce sera aller au diable

La Coupe du monde de football approche à grands pas. L’événement continue de faire débat entre critiques et espoirs.

stade de football au qatar pour la coupe du monde
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" Indignation sélective ". L’expression est revenue très souvent sur le plateau du dernier direct. Beaucoup regrettent en effet qu’on ne critique pas, avec la même force, la Coupe du monde aux Qatar et d’autres événements de grande ampleur, passés ou à venir. Personne n’a hurlé au scandale quand des favelas brésiliennes ont été mis à mal en 2014. Pas plus d’émotion lors de la Coupe du monde russe quelques semaines après l’envahissement de la Crimée par les troupes de Vladimir Poutine. Heureusement, l’opinion publique se réveille et constate avec effroi le non-respect des droits de l’homme au Qatar. Quelques personnalités de notre monde ont décidé que leurs intérêts personnels passaient avant tout ça. Rien d’illégal paraît-il. Ça n’empêche pas de penser qu’il n’est plus acceptable que les choses se passent sans un contrôle, parlementaire par exemple, de ce genre de décision. Il manque une liste plus stricte de critères d’exclusion. La liberté de la presse doit en faire partie aussi.

L’expo universelle de 2020 a eu lieu aux Emirats arabes unis. Le championnat du monde de cyclisme 2025 ira au Rwanda. Deux pays qui ne brillent pas par leur ouverture vers un monde respectueux des droits humains. On ne sait finalement toujours pas très bien si ces organisations changent favorablement la vie des citoyens locaux. On peut quand même avoir des doutes. Les Chinois vivent-ils mieux depuis les J.O. ? La ville de Sotchi est-elle devenue un havre de paix soucieux du respect de la planète ? Une fois les lumières éteintes, la vie reprend son cours et les excès en tout genre aussi. La critique est balayée par les Qataris qui affirment que les conditions de travail des ouvriers se sont déjà améliorées. Ils oublient de dire que 330 entreprises ont déjà été prises en flagrant délit de fraude à ce niveau-là en moins d’un an. Aller au Qatar, ce sera, en partie, aller au diable. Mais j’avoue que je comprends aussi les supporters qui refusent de tout mélanger et qui iront aux Diables, sur place, pour les encourager.

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