Le mantra européen du “tout au marché privé” de l’énergie est un méga-viandage

Fournir des armes, c’est facile et rapide. Forcer le marché de l’énergie, c’est le contraire.

Ursula von der leyen représentante de l'europe inactive face à la crise de l'énergie
© BelgaImage

Je n’aime pas, mais tant pis. Pour que ça percute, on va le dire: c’est la guerre! La guerre de l’énergie. Des bombes pleuvent. Des bombes en papier ou en courriel: les factures d’énergie. Et ces bombes-là tuent aussi. Elles pilonnent les ménages, elles bombardent des entreprises. Et elles dévastent la société européenne. Je vous le dis comme ça, les nababs de l’Europe, parce quand on vous répète en boucle des mots comme “paupérisation”, vous ne voyez pas. Mais quand on vous dit “guerre”, là vous pigez. Et ça fonce. Quand le détraqué du Kremlin a envoyé ses chars sur l’Ukraine, l’Europe unie et l’Otan ont fait clac pour que des armes déferlent vers Zelensky et les siens. Affaire réglée en quelques jours.

Pour l’autre guerre, ça pinaille. En mars, puis en mai, puis en juin, la Commission européenne (ou tout autre sommet de l’Europe, on s’y perd) devait lancer la contre-offensive énergétique. Et? En septembre, toujours rien. Aucune plan collectif pour protéger les Européens des prix fous-dingues de l’énergie. Rien que la lenteur. L’apathie. Et donc TotalEnergies ou Engie continuent tranquillou de faire leur sale marché noir sur le dos de la population. On est d’accord: agir sur l’énergie, c’est un peu plus complexe que fournir des armes. Surtout, ça exige de se remettre en cause. Et admettre d’abord que le mantra européen du “tout au marché privé” de l’énergie est un méga-viandage. En guerre, pourtant, on ne chipote pas. On mobilise, on réquisitionne, on oblige pour protéger la population. En langage “guerre de l’énergie”, on bloque les prix. N’importe comment, mais on bloque! Et on fait baisser. De force. D’urgence! C’est contraire aux lois du saint marché? Eh bien, on change les lois! Le prix de l’électricité, même si elle est nucléaire, est lié à celui du gaz? C’est le système? Eh bien on le change, ce p… de système! D’urgence! Question de survie. Ah oui, un petit rappel: en guerre, il y a toujours une résistance. Dans cette “guerre de l’énergie”, la résistance va bientôt refuser de payer ses factures. Elle le fait déjà, ci et là. Elle va même saboter ces entreprises qui se gavent en collaborant avec l’occupant (énergétique). Et à la fin d’une guerre, la résistance gagne toujours…

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