Quand la Belgique traitera-t-elle enfin les réfugiés avec humanité?

Pour les réfugiés, c’est la politique du “on fait ce qu’on peut”. Donc le minimum.

Petit château ©BelgaImgae
Petit château ©BelgaImgae

Si on était langue de fiel, on dirait qu’elle le fait un peu beaucoup exprès. Mais comme on n’est pas spépieux, on va dire que la Belgique fait son très, très, mais alors très petit possible. Lorsqu’il s’agit de “gérer” l’accueil de réfugiés avec un brin d’humanité, ça n’va nin. Pas celui des familles ukrainiennes. Les autres. Eux aussi fuient la guerre. En Erythrée ou à l’est du Congo. Ou alors la dictature en Syrie. Ou les Talibans. Ou les cartels de tueurs, au Brésil. Ils fuient la mort ou la répression.

Attention, on ne va pas évoquer ici une politique d’asile réfléchie et ouverte, ou l’idée (devenue largement saugrenue) d’une intégration de migrants humanitaires dans la société. Houlà, non! C’est interdit par le grand tribunal Facebook. On parle juste basique: traiter des personnes (des personnes!) avec un minimum de dignité. Donc organiser leur “réception” de manière simplement civilisée. Au Petit-Château, une fois de plus, une fois de trop, on a vu du barbare. Des centaines de “pas-Ukrainiens” parqués dans des files interminables.

Le chaos

Des nuits entières et des journées à poireauter debout, compressés entre un mur et des barrières Nadar, comme des bestiaux. Des bousculades. Le chaos. Et bien sûr toute la délicatesse de la maréchaussée. Il y a beaucoup d’hommes. Des familles, aussi. Des enfants. Et des poussettes. Tous à la rue, qui sent l’urine. Ils viennent là depuis des semaines. Des mois, parfois. Dans l’espoir fou qu’enfin, quelques-uns passent la porte du centre d’enregistrement Fedasil. En janvier, l’État belge était déjà condamné à 5.000 euros d’astreinte par jour pour le “non-accueil” de réfugiés qui ont pu porter plainte.

Huit mois plus tard, la plupart sont toujours empêchés de présenter une demande de protection internationale (qui leur est due, par la loi!). Même le personnel de Fedasil ne supporte plus ce déni, et se met en grève pour réclamer du personnel, et pour accélérer. Huit mois plus tard, la Belgique n’abrite toujours pas la plupart de ces personnes (ces personnes!) sous un toit, ou même sous une toile de tente. Pour leur permettre de dormir, de se laver ou même faire leurs besoins ailleurs que n’importe où. Ce qui se résume en un mot de cinq lettres: honte.

Sur le même sujet
Plus d'actualité