Le culte du bien-être: une nouvelle religion?

Le marché du bien-être explose. Est-il vraiment bénéfique ou le digne représentant d'une société de plus en plus individualiste? C'est notre dossier de la semaine.

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Dans le fond, si je ne vais pas bien, c’est de ma faute. Soyons plus précis: si je ne vais pas bien, c’est que je ne fais rien pour aller mieux. Quand on voit le nombre de propositions avancées par tous ceux qui me veulent du bien, comment puis-je encore aller mal? Hypnose, sophrologie, yoga, microstéopathie, ­marche, méditation, mandala, flexitarisme – on en passe et des plus pointues: tout est là. Le banquet est ouvert, il n’y a qu’à se servir et à payer (tout cela n’est pas “all inclusive”). Franchement, si à 50 ans on n’a pas de coach de vie, c’est qu’on l’a ratée! À quoi correspond ce besoin de se recentrer sur soi pour mieux affronter le monde? La tendance ne date pas d’hier – certaines ­balises remontent à la culture alternative du New Age américain apparu durant les années 70. C’est que, dans notre société, en plus d’être performant, il faudrait aussi être heureux. Pour certains, cette injonction au bonheur relève de la pression sociale. Pour d’autres, elle serait une juste ­récupération de son droit à la liberté confisqué par les normes toujours plus lourdes à ­supporter. Dans les deux cas, la crise sanitaire semble avoir exacerbé les positions, les uns posant un regard critique (“oui, mais qu’est-ce qui fonctionne dans tout ça?”), les autres avançant l’idée que tout ce qui fait du bien ne peut pas faire de tort.

Retrouvez notre dossier de la semaine Bien-être: les modes d’emploi

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