Vlaams Belang: une prestigieuse tribune de propagande

Et voilà donc maintenant le président du Vlaams Belang en conférence à l’université…

président du Vlaams Belang
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Mais où fichtre allons-nous chercher, nous les francophones paranoïaques, que la Flandre banalise l’extrême droite? Et donc la légitimise. Et donc l’intègre. Combien de fois les Flamands devront-ils nous répéter que non? O.K., depuis trente ans, leurs médias reçoivent cordialement les pontes du Vlaams Blok (condamné pour racisme, rappel) puis ceux de son relooking propre sur soi, le Vlaams Belang. À la télé, à la radio et dans la presse, le Blok/Belang a pu tranquillement distiller son goutte-à-goutte xénophobe, ses faux chiffres et ses raccourcis simplistes. Mais, bien entendu, tout ça a eu zéro influence sur le fait que le Belang est aujourd’hui le deuxième parti de Flandre, et bientôt le premier. Rien à voir! On fantasme. D’ailleurs, le cordon sanitaire des partis “démocratiques” flamands est béton. O.K., en 2019, la N-VA a proposé au VLD et au CD&V de grimper dans un gouvernement flamand avec le Vlaams Belang. Mais ils ont refusé. Donc ça n’a pas existé. On élucubre.

O.K., la semaine passée, Bart Laeremans est devenu bourgmestre de Grimbergen. Donc premier maïeur d’extrême droite en Flandre. Suite à un renversement de coalition, sa formation locale “Vernieuwing” y gouverne depuis dix jours avec la N-VA et le CD&V. Or depuis 1995, le gaillard était parlementaire Blok/Belang. Ah oui mais! En 2014, il avait quitté le Belang pour la politique communale. Donc “techniquement”, Laeremans n’est plus d’extrême droite. Et bien sûr, ses idées nauséeuses se sont évaporées. Donc on divague. Le même jour, Tom Van Grieken avait lui aussi sa bonne tête de vainqueur: le président du Belang donnait une “conférence” à la KULeuven. Ceci à l’invitation de deux profs de la faculté de sciences po, Bart Maddens (un des inspirateurs de la N-VA) et Steven Van Hecke. Grâce à eux, l’extrême droite a fait pour la première fois sa joyeuse entrée dans une université flamande. Oups!, les deux profs ont fini par regretter la “tournure” (pas du tout prévisible) prise par l’exposé: une “fastidieuse” tribune de propagande anti-cordon sanitaire. Et, re-oups!, Van Grieken communique maintenant sur les réseaux flanqué du prestigieux logo de la plus vieille université de Flandre. Mais on s’émeut pour des rawettes.

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