Droit à l’avortement: la honte de l’Amérique

Aux USA, six personnes vont décider du droit des femmes à avorter. En le leur retirant…

Droit à l'avortement @belgaImage
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Les Américains le répètent souvent, donc c’est vrai: les États-Unis sont la plus grande démocratie du monde. Et si elle est si “grande”, cette démocratie, c’est surtout dans le sens “remarquable” du terme. Par exemple, lorsqu’en 2016 Trump avait été élu avec 3 millions de voix de moins qu’Hillary Clinton, c’était très “grand”. Et donc là, on attend. On attend que les USA nous donnent une fois encore l’exemple à suivre. Concernant l’IVG, cette fois. C’est qu’en juin, la Cour suprême des États-Unis doit statuer. Et décider si les États américains peuvent interdire aux femmes d’avorter. En 1973, la même très haute cour de neuf juges (pas les mêmes) avait décidé que non. C’était le fameux arrêt “Roe vs Wade”. Du nom de Jane Roe, jeune femme texane qui s’était vu refuser le droit d’avorter par un procureur de Dallas, Henry Wade. La Cour suprême (alors progressiste) s’était emparée du bazar, et avait interdit à tous les États d’interdire l’interruption de grossesse.

Mais donc là, en 2022, après cinquante ans de lobbying religieux et cinq ans de trumperies, elle veut re-statuer. Et c’est tout cuit: en juin, elle va re-permettre aux cinquante États américains d’interdire l’avortement. Parmi eux, 31 États (conservateurs) sont prêts à le re-faire. Y compris, pour certains, quand une femme a été violée. Dans le Missouri, des élus républicains secoués de la cruche à neurones voudraient même interdire l’IVG en cas de… grossesse extra-utérine. Et donc voilà l’exemple à suivre: dans cette si remarquable démocratie guidant le monde, neuf personnes décident de permettre “ça”. Ou plutôt six. Avant Trump, sur les neuf juges de la Cour suprême nommés à vie par le seul président, trois étaient déjà (très, très) conservateurs. Le “grand” Donald a pu en désigner trois autres durant son mandat. Et voilà… Un petit cercle de six juges non élus et guidés par une conviction religieuse ultra va décider du droit des femmes à (ne pas) disposer de leur corps. Dans d’autres démocraties bien moins “grandes”, comme la Belgique, c’est le seul Parlement qui a discuté et voté les lois sur l’IVG, les droits LGBT ou l’euthanasie. Et vous savez quoi, les guys? Grâce à ça, chez nous les petits, ça se respecte.

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