Pour casser l’extrême droite, si on brisait d’abord l’impunité des politiques?

Face au score histoire de l'extrême droite en France, Vincent Peiffer propose une solution concrète.

Marine Le Pen
Marine Le Pen à la tête d’une extrême droite au plus haut. © BelgaImage

À chaque scrutin, la ritournelle est identique. L’extrême droite a (encore) progressé mais on va en “tirer les leçons”. Dimanche, 41,46 % des Français (+ 8 %!) ont voté la fumisterie Le Pen. Et re-gnagnagni et re-gnagnagna, on va re-re-re-tirer les leçons. À l’infini. Pour aider, j’ai un tout nouveau concept à proposer: donner des réponses. Concrètes. J’ai même une première suggestion à soumettre: s’attaquer à votre impunité. Je vous promets sur les têtes de mes deux Louloutes et sur la mémoire d’Arno que ce sentiment est le plus insupportable pour le gros de la population. Pas les erreurs. Elles font partie de la vie: on sait. On accepte, même. Mais pas le mensonge. Pas le privilège de ne jamais rendre de comptes. Pas cette impunité. Répétée à la queue leu leu, elle gonfle jusqu’à la rage de certains, qui pour vous le gueuler fort choisissent l’abîme de la crétinerie marine, ses simplismes, son incompétence, sa haine.

Un exemple d’impunité qui fout bien les boules? Elle n’a que quelques jours. Elle est britannique. Et elle a un nom: Boris Johnson, Premier ministre. Habitué de la chose, “Bojo” était déjà arrivé au pouvoir via un big mensonge, celui du Brexit. Avec une récompense éhontée: le 10 Downing Street. Là, en plein confinement pour toute la population, Mister Carabistouille a participé à des fiestas. C’est le “Partygate”. Des sauteries qu’il a minimisées, avant de les admettre et de s’excuser. Mais certains députés veulent vérifier si BoJo leur a caché des choses, s’il a “trompé” le Parlement dans ses justifications. Et s’il doit démissionner. Pour ce faire, un “Comité des privilèges” (rien que le nom!) va “enquêter”. Fort bien. Mais ce Comité de Westminster est composé en proportion dudit Parlement. Donc majoritairement de députés conservateurs soutiens de Johnson. Je résume cette démarche “démocratique”: juge-toi toi-même.

Autre exemple? Il a quelques jours aussi. Georges-Louis Bouchez débat sur la VRT avec le président du Vlaams Belang. Et brise ainsi 30 ans de cordon sanitaire francophone (efficace) face à l’extrême droite raciste. Tollé. “Le MR” (donc son président) publie un communiqué qui dédouane GLB. Fini. Zéro conséquence et impunité totale. On commencerait par ça?

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