Guerre en Ukraine: Kiev dénazifiée

Des crimes nazis ont bien été commis en Ukraine, mais au nom de Poutine pendant l’invasion russe.

Boutcha
Avant d’abandonner Boutcha, l’armée russe a abattu des centaines de civils. © BelgaImage

Volodymyr Zelensky sait parler. Il l’a encore prouvé devant le Parlement belge. À son habitude, il a rapproché “sa” guerre de notre histoire (la Première Guerre mondiale), redit que son pays était pro-européen en espérant qu’on se montre davantage pro-ukrainien et conclu que nos valeurs mettaient gaz et diamants russes bien en dessous de la paix. Mais au-delà de l’habileté de sa communication, il y a ses actes. Malgré les missiles et les tentatives d’assassinat, il est resté en place. Il est même allé partout où sa présence servait. Sur ses traces, Ivan Fedorov, le premier des 30 maires enlevés par les Russes, est venu témoigner en France. Il a raconté l’occupation de Melitopol, sa ville russophone entre Odessa et Marioupol. Sans crâner, il a expliqué avoir refusé de démissionner au profit d’un maire complaisant parce que la loi ne lui en donnait pas le droit! Au bout de cinq jours, la population réclamant sa libération, il a été échangé contre neuf militaires. Après avoir expliqué qu’il ne fallait pas avoir peur parce que Poutine ne règne que par la terreur, il est reparti en Ukraine.

C’était déjà une leçon de courages citoyen et politique à nous faire honte. Et c’était avant la retraite des Russes et les cadavres laissés près de Kiev, à Boutcha et dans d’autres villages. Services de renseignements, journalistes et institutions internationales avaient déjà constaté les frappes indistinctes, les bombardements de sites non militaires, l’usage d’armes interdites, des civils pris pour cible, des viols, des déportations, des pillages. Maintenant qu’ils réunissent des preuves d’exécutions massives (140 des 410 corps retrouvés ont été examinés), il serait temps d’un peu de courage. Il est impossible de ne rien tenter pour empêcher des crimes de guerre à 2.000 km de chez nous. Si nous avons les mêmes valeurs que l’Ukraine, ne pourrait-on les défendre même au prix d’inconforts? Si, comme dit Biden, Poutine est un boucher, qu’au moins le 5e volet européen de sanctions nous permette de ne plus faire partie de sa clientèle.

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