En période de guerre, nous pouvons être si cyniques

Sacha Daout revient sur le dernier QR le débat à propos du conflit russo-ukrainien, et notamment de l'intervention polémique de Piotr Tolstoï.

une Ukrainienne évacuée
© BelgaImage

Piotr Tolstoï est le vice-président de la Douma, la chambre basse russe. Ancien journaliste, il est aujourd’hui la voix de Vladimir Poutine en Occident. Son propos heurte et c’est sans doute voulu. Il nie l’agression russe et maintient qu’il s’agit d’une opération pour la paix. Il soutient aussi que les victimes du conflit sont des citoyens que le gouvernement ukrainien utilise comme boucliers humains. Ce discours de guerre a été tenu, devant des invités consternés, lors du direct de la semaine dernière. Le haut fonctionnaire croit-il ce qu’il dit? Je n’ose le croire. Avec un sang-froid assez impressionnant, il expose la vision de son président et dénonce les agressions contre les populations russes dans le sud-est de l’Ukraine. Des actes qui font, c’est vrai, l’objet d’une enquête internationale. Mais rien ne justifie ce que la Russie fait subir aujourd’hui à des civils innocents. L’Otan n’interviendra pas.

La trouille d’un conflit nucléaire global est là. Comment a-t-on laissé ­Vladimir Poutine faire grandir son arsenal à ce point? Il possède aujourd’hui le “fameux” missile Satan 2, capable de détruire la France en un instant. Quand l’Otan dit qu’il ne sert à rien d’envoyer des soldats en Ukraine, elle tente ­simplement d’éviter le pire, dont Poutine est capable. Tirer sur une centrale nucléaire, c’est se tamponner de ce qui sera écrit dans les livres d’histoire. La Russie s’enfonce dans la dictature: 15 ans de prison pour celui qui dira que le pays est en guerre, information cadenassée par le Kremlin, réseaux sociaux interdits… Le peuple russe ne comprend pas. On lui parle de maintien de la paix et il découvre, de plus en plus, les conséquences des décisions de son président. La vérité finit toujours par éclater. En attendant, le monde regarde Poutine détruire des millions de vies. Une sorte de triste “c’est dommage mais on ne peut rien faire”. En période de guerre, nous pouvons être si cyniques…

Retrouvez Sacha Daout dans QR le débat chaque mercredi à 21h50 sur La Une. 

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