Poutine, le bel ami de Depardieu

Pour Gégé, Vladimir ne peut qu’être un grand dirigeant: il lui a offert l’évasion fiscale…

Depardieu et Poutine
Gérard Depardieu et Vladimir Poutine en 2013. © BelgaImage

Depardieu n’a pas commis que Maison de retraite, dernier sous-navet dont le cinéma français nous gratifie à bonne cadence. À l’écran, l’acteur a souvent été énorme. Parfois même délicat. Et puis il y a son exact contraire à la ville: le gars Gégé. Le gueulard moyen. Le beauf catégorie lourds. Les impôts c’est chiant, donc j’en paie pas, le vaccin m’emmerde, donc “y’a pas de vaccin”, les filles je les palpe si j’veux et mon pinard je l’écluse tant que j’veux. Une espèce de Bigard de luxe, puisque évidemment les dirigeants sont “tous des cons”. Sauf l’“ami” Vladi. En observateur politique d’une finesse assez épaisse, le gars Gégé touille dans la même soupe ses amours moscovites et son obsession pour l’exil fiscal. Poutine est fatalement un “grand homme” et la Russie une “grande démocratie” (si!) puisqu’en 2013, le tsar a fourni à la star un passeport russe en même temps qu’une immunité fiscale. Donc il l’aime, son Vlad. Ce qu’il confirma à la télé russe: “J’aime beaucoup votre président, et c’est réciproque”. Puis dans la presse française: “La nation russe a besoin de quelqu’un comme Poutine, qui cherche à rendre un peu de dignité aux gens”. Et de comparer le digne ami… au pape Jean-Paul II. Et même d’anticiper ses nobles intentions, quand Gégé déclarait dès 2014 que l’Ukraine “fait partie de la Russie”.

Dans la vénération, Gégé le Ruskov est un fidèle. Il y a à peine trois semaines, sur son compte Instagram, il publiait encore une affectueuse photo d’étreinte. Et ces beaux mots en légende: “L’Amitié…”, suivi de “Laissez Vladimir tranquille”. La brutalité de son régime? L’enfermement des contestataires? Les assassinats? L’égotisme paranoïaque du bel ami? Ah mais tout ça ne se voit pas quand on ne fréquente que les salons des oligarques et les belles datchas. Pas la rue. Pas la Russie qui trinque. Depuis lors, le pote Vladimir a envoyé des troupes. Il a tué des Ukrainiens. Des femmes. Des enfants, aussi. Alors le gars Gégé a bien dû s’exprimer “contre cette guerre fratricide. Et faire son diplomate, avec ça: “Je dis d’arrêter les armes et de négocier!” Négocier quoi, au juste, Gégé? Tu ne relirais pas le Bel-Ami de Maupassant? C’est davantage dans tes cordes, je crois.

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