Les doubles vies de Magnette, Bouchez et Prévot

Président de parti et bourgmestre ou sénateur, ils vivent plusieurs vies. En même temps…

Paul Magnette
Côté francophone, Paul Magnette mène le classement des rémunérations. © BelgaImage

Tradition annuelle, la Cour des comptes et le site spécialisé Cumuleo ont publié la liste de tous les mandataires publics du Royaume, ainsi que leurs rémunérations (pour 2020, derniers chiffres dispos). Et comme à chaque fois, je suis admiratif. D’abord de nous, riches contribuables belges, qui finançons ces très, très nombreux mandats. Notamment ceux nos présidents de parti francophones. Sur le podium, on applaudit bien fort Paul Magnette pour le PS (dans les 27.000 euros brut par mois), suivi du MR Georges-Louis Bouchez (vers les 24.000 boules) et du cdH Maxime Prévot (19.000). Donc encore bravo à nous pour notre générosité (bien ordonnée par eux). Mais où je suis le plus admiratif, c’est dans la capacité de ces têtes de gondole à faire tout plein de choses à la fois. Le plus admirable, comme souvent, est le grand GloB du MR. Quand il ne tweete pas, le papa de Liloo (son toutou chéri) réussit à cumuler… 17 mandats (dont 6 rémunérés). Deux fois moins brillant, le beau Polo assume quand même 9 mandats (3 rémunérés). Et Max l’Humaniste entasse 6 fonctions (3 rémunérées). Respect. Où mon admiration devient sans limite, c’est quand je me focalise sur les deux mandats principaux de nos têtes de gondole politiques: présidents de parti et bourgmestres pour Popol et Maxou, président du MR et sénateur (coopté) pour Tweetman. Charleroi (203.000 habitants) n’est pas Macapette-les-Thermes, mais la plus grande ville wallonne. Namur (112.000 âmes) n’est pas Trifoullis-sur-Berdouille mais la capitale de la Wallonie. En être bourgmestre, c’est diriger une grande entreprise. Et sénateur, théoriquement, c’est un vrai boulot. Le PS, le MR et le cdH ne sont pas des ASBL de promotion du chicon braisé ou des clubs de sudoku. D’où mon extase: comment font-ils donc pour assumer correctement ces deux jobs à (plus que) plein temps? J’ai la réponse. Enfin je crois… D’abord, contrairement à nous, eux vivent au moins 48 heures sur 24. Et surtout, ils disposent de deux cerveaux. Pendant que celui de président de parti phosphore, celui de bourgmestre d’une grande ville ou de sénateur recharge. À moins, évidemment, qu’ils ne fassent chaque boulot qu’à moitié. Mais ça non, ce ne serait pas honnête.

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