Maisons de repos: la dernière chambre

Le scandale Orpea secoue un secteur déjà mis à mal par l'épidémie et nous incite à repenser son modèle. C'est notre dossier de la semaine.

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Chacun porte en soi son roman familial, chacun pose un regard plus ou moins sensible sur la vie de ses parents et le chemin qui leur reste à ­parcourir. Mais qu’il est difficile à surmonter ce moment où on accompagne son père ou sa mère pour les installer dans une chambre dont on sait qu’elle sera le ­dernier décor qu’ils verront avant de fermer les yeux. Les murs auront beau être de couleur pêche et les tableaux montrer l’horizon sur la mer, on sait que cette chambre est l’ultime station d’une existence dont les souvenirs carillonnent, parfois dans l’ordre, parfois dans le désordre, dans l’esprit embrumé de nos aînés. Bien sûr, avant d’entamer les formalités, on a eu ­rendez-vous avec la direction détaillant le confort que notre parent trouvera dans l’établissement et, à l’abri du bureau devant lequel on est assis, on se surprend à croiser les doigts. Mais qu’il est éprouvant cet instant où, à chaque au revoir, ses yeux disent ”pourquoi tu me fais ça?”… On lui a expliqué cent fois: ”Parce qu’il n’y a pas d’autre solution et qu’ici tout se passe bien”. Accompagner son père ou sa mère dans une maison de repos est sans doute l’un des moments les plus redoutables dans la vie. Les confier à des professionnels des soins, c’est accepter de leur faire confiance une fois qu’on a le dos tourné. Pourtant, parfois…

Retrouvez notre dossier de la semaine Maisons de retraite: état des lieux

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