Abus sexuels dans l’Eglise: Benoît XVI, le distrait

Plus on monte dans la hiérarchie de l’Église catholique, plus on est tête en l’air…

papa Benoit XVI au coeur d'une polémique sur la pédophilie dans l'Eglise
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Ils sont parfois étourdis, tout là-haut. Prenez Josef Ratzinger. De 2005 à 2013, il était pape sous le petit nom pontife de Benoît XVI (avant de renoncer à 85 ans). Plus haut placé, je ne vois que Dieu. Bien avant cela, de 1977 à 1982, le jeune Josef, 50 ans, était déjà quasi au top ecclésiastique puisqu’il était archevêque de Munich et Freising, plus gros archidiocèse d’Allemagne. Et là comme ailleurs, des saints hommes s’adonnaient gaiement au touche-pipi sur des garçons ou des fillettes. En 2018, l’Église catholique allemande a d’ailleurs révélé elle-même que, de 1946 à 2014, plus de 1.670 curés teutons avaient commis des abus sexuels sur près de 3.700 victimes (chiffre très sous-estimé). Comme c’était quand même la honte de la honte, le haut clergé allemand ordonnera à chaque diocèse de confier une enquête à des cabinets d’avocats (enfin!) indépendants. Le rapport de Munich vient de sortir. Effarant. Rien que dans cet évêché, le cabinet bavarois WSW a identifié 235 auteurs présumés d’abus, dont 173 prêtres. Et recensé 497 victimes, 60 % étant à l’époque des enfants entre 8 et 14 ans. Or un beau paquet de ces crimes a été commis à l’époque où Père Josef dirigeait la boutique. Bien évidemment, lui n’a eu aucun “comportement fautif”. Et réfute “toute responsabilité” dans les actes pédocriminels commis par “ses” prêtres. Pour nous dire comment on exagère, B16 affirme aujourd’hui que l’un des quatre “cas graves” épinglé dans le rapport était “un exhibitionniste, pas abuseur au sens propre”. Rien, quoi. D’façon, lui n’a rien vu, rien entendu, et jamais rien su. Même pas quand un curé pédophile déjà condamné pour agressions sexuelles dans le diocèse d’Essen a été muté à Munich. Où il a bien sûr récidivé, plaintes et re-condamnation à l’appui. En 1980, son diocèse décidera pourtant de le réintégrer et de le re-muter dans une autre paroisse, où il re-re-récidivera pendant… 30 ans. Jojo le Distrait, dit-il aujourd’hui, n’était pas à cette réunion. Sauf que, oups, le procès-verbal prouve le contraire: il la dirigeait. La tête ailleurs, semble-t-il. Mais à part ça, Sa Sainteté émérite n’a jamais rien couvert, rien dissimulé, rien étouffé. Et un pape, ça ne ment pas. Jamais.

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