Documentaire "Delphine, mon histoire" : une sorte de Strip-tease royal

Dans quel monde on vit? Pas celui d’Albert, de Sybille, de Delphine et des autres…

le roi Albert, Paola et Delphine
© BelgaImage

Je me suis fait violence. Et j’ai donc regardé. En entier. Un an et des rawettes après la si touchante “réconciliation”, Son Altesse Royale la nouvelle princesse de Saxe-Cobourg raconte et se raconte dans un (très) long documentaire: Delphine, mon histoire. Et donc? Et donc ne riez pas: il faut voir ce docu (rattrapage possible sur RTL Play). Pas pour ce qu’il révèle. On savait tout. Les papouilles extraconjugales et le bébé qui viendra un jour de 1968, on savait forcément. Comme les années de vie commune avec “Papillon”, le bon “ami” de maman Sybille. On savait pour Jacques Boël, le fortuné faux père consentant. On savait le “secret” d’État quand Papillon est monté sur le trône. Et la fuite. Et ce mensonge national entretenu jusqu’au risible par des “conseillers du Palais” moyenâgeux. Puis le rejet définitif de la petite devenue femme, en 2001. Et Albert qui s’enferme dans un déni cosmique. Buté, grotesque. On a vécu les sept années de procédure. Puis la justice qui tranche enfin. Et on a vu, forcées par l’ADN, les risettes d’octobre 2020, en deux photos: Delphine chez Philippe d’abord, Delphine chez Albert et Paola ensuite.

Ce qu’on ne savait pas, ou pas à ce point, c’est ce qui transpire du documentaire, entre deux jérémiades: chez ces gens-là, on vit vraiment très ailleurs. Dans un monde de privilèges et d’argent (du contribuable), avec une constante très normale pour eux, qui suinte jusqu’à dégouliner: l’oisiveté. Celle d’un prince Albert pas encore roi qui va du ski au yacht, et du yacht au “séjour privé” à la propriété Machin-Chose, puis à une “réception” en la demeure Trucmuche. Un monde d’indolence surfriquée et d’entre-soi où on virevolte d’un triste mariage sans amour à un autre, pourvu qu’il soit rentable. Un monde d’une inouïe prétention, aussi. Où ces précieux ridicules croient vraiment que garder un secret (de pacotille) va “sauver” la Belgique (qui s’en cale). Un monde qui, finalement, aura fait d’Albert un “petit monsieur” (sans majuscules) qui ne daignera jamais faire le minimum: reconnaître un enfant. À moins d’y être forcé. Finalement, Delphine, mon histoire est une sorte de long Strip-tease très chic. Royal, même. Mais assez pitoyable.

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