Emmanuel Macron, l’emmerdeur

Au point de déni où certains en sont, “emmerder” est un mot doux, finalement.

Macron
© BelgaImage

On est d’accord qu’en petit Roi-Soleil de l’Élysée, il peut horripiler. Mais il a ses moments de grâce, aussi. J’en vois trois. Un, au débat du deuxième tour en 2017, comment Macron t’a sulfaté la môme Le Pen en la révélant telle qu’elle est: mesquine, inapte et piètre. Jouissif. Deux: en juillet dernier, alors que partout ailleurs on se tortillait encore sur sa chaise à vouloir “convaincre” les antivax, lui impose le Pass sanitaire. Une décision enfin claire, expliquée et lisible par tous (sauf les obtus). Trop rare. Un mois plus tard, toute l’Europe suivra. Et donc trois, ce mot choisi: emmerder. En entier dans le texte, ça donne ceci: “Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie”. C’est à nouveau clair, et explicite: pour aller au resto ou au cinéma (bientôt au travail ou dans un magasin?) il faudra un pass “vaccinal” (et plus “sanitaire”), donc les trois piqûres. Sur les réseaux, les valeureux “résistants” de la “liberté” endossent subitement le costume de mijaurée et hurlent à l’insulte. Oui, les mêmes qui, depuis deux ans, passent leurs journées à traiter Macron (et autres) de dictateur nazitaire et le monde vacciné de moutons collabos. Soit. En pleine campagne, les autres candidats à la présidentielle s’offusquent du mot: emmerder! Un président ne dit pas ça! C’est malpoli! C’est clivant! Et Macron veut mettre les vaccinés exaspérés de son côté, c’est électoraliste! Oui, aussi. Mais moi j’aime ça, “emmerder”. Rectification: j’adore. C’est direct. Net. Dans la lourdeur ambiante, c’est même assez rafraîchissant. Et il fallait dire quoi, au juste? Je vais “ennuyer” les antivax? Les “enquiquiner”? C’est plus mignon. Mais très doudouce, aussi. Ça fait petite chatouille de rappel. Énième remontrance. Et on n’en est plus là. Emmerder, on comprend bien. Tous. On comprend qu’il ne va pas obliger les quelques pourcents de rabiques. Mais qu’il va leur pourrir la vie. Donc “emmerder” est assez proprement et gentiment dit, finalement. Comme la suite de son propos: “Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen”. Voilà, clair.

Sur le même sujet
Plus d'actualité