Nucléaire: expertise de haut niveau pour politicaille de très bas niveau

Sur l'épineuse question du nucléaire, les politiques ont à nouveau provoqué une cacophonie, à coups de tweets plutôt que de propositions.

centrale nucléaire à Doel
@ BelgaImage

En novembre, le gouvernement doit décider sérieux. Très sérieux, même: fermer nos sept réacteurs nucléaires en 2025 ou prolonger de dix ans les deux moins vieux (Doel 4 et Tihange 3). Ce n’est pas de la décision-rawette, c’est du crucial pour notre avenir énergétique. Et enfin l’application (ou pas) d’une sortie du nucléaire décidée en… 2003. Avant de trancher, on sollicite donc un dernier avis, celui du Conseil Supérieur de la Santé. L’organe est indépendant et composé de sommités du nucléaire, de la radioprotection, de l’énergie renouvelable ou de la climatologie. Donc des pros. Ça devait le faire. Et c’est parti en coucougnette. Sur un simple titre de presse: « Le Conseil supérieur de la santé très critique envers le nucléaire ». Pour sûr que le rapport du CSS l’est, critique. Sur les déchets radioactifs, les risques d’accident, la menace terroriste et la vulnérabilité de centrales situées près de grandes villes. Des évidences, mais des évidences étayées, chiffrées, objectivées par les scientifiques du CSS. Qui conclut donc que « l’énergie nucléaire de fission, telle que déployée actuellement, ne peut pas prétendre satisfaire aux principes du développement durable ». Mais, mais! Le CSS souligne aussi qu’une sortie totale du nucléaire présente également des risques. D’autres risques: ceux du sous-approvisionnement électrique. Étayés, là aussi. Le CSS ne se prononce d’ailleurs ni pour ni contre une prolongation ou une fermeture totale. Il fournit les éléments, point.

Et qu’en fait-on côté politique, après 18 années de procrastination? Une nouvelle cacophonie. Les Verts bombent (un peu trop) le torse alors qu’en face, chez les pro-prolongation, on n’a même pas pris le temps de lire les 142 pages du rapport CSS qu’on tapote déjà sur son smartphone. La N-VA dénonce en quelques signes un rapport « militant », le MR un avis « idéologique », et son président serial-tweeteur une manœuvre « partisane ». Petit rappel basique: la politique, ce n’est pas agir en excités des réseaux sociaux tendance antivax. Ce n’est donc pas utiliser des infos parcellaires en niant ou dévoyant la science pour la manipuler à sa sauce. Ça, c’est de la tweet-politicaille de très bas niveau. Devenue courante.

Sur le même sujet
Plus d'actualité