Pédocriminalité dans l’Église: à moins d’un miracle…

216.000 enfants violentés par 3.000 hommes d’Église depuis 1950. Mais demain, tout ira bien.

pape François
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Les chiffres révélés par la Commission d’investigation sur les abus sexuels dans l’Église ne peuvent s’expliquer par des comportements isolés. L’épiscopat a préféré sa réputation à la protection des enfants. Reconnaissons que l’Église a voulu cette enquête indépendante, que le pape et les responsables français ont demandé pardon aux victimes. Mais il faut réformer et la Commission a aussi des recommandations chocs. En priorité: reconnaître une responsabilité systémique alors que des ­porte-parole officiels en parlent déjà au passé. Pourtant, si les agressions ont diminué avec le temps, c’est uniquement parce que le nombre des prêtres et des enfants en contact avec eux a aussi beaucoup baissé. Puisque rien n’a été fait, il faudra installer des contrôles internes en contact avec la justice civile. Une révision du droit canon devrait séparer les pouvoirs de l’évêque, prendre en compte la notion de victime et redéfinir le secret de la confession qui ne serait plus absolu si l’intégrité d’une vie est menacée. Des évêques ont déjà avancé que la loi divine est au-dessus du Code civil!

Ces points sont d’ailleurs du ressort du Vatican à qui il est aussi demandé de rompre avec la sacralisation sans contre-pouvoir des ­prêtres, mais aussi avec leur célibat et d’intégrer des femmes dans le clergé. Et le chœur ecclésiastique d’expliquer que ça n’a rien à voir. La preuve: la famille est le premier lieu de violences pédophiliques, loin devant l’Église. C’est ignorer le poids de la solitude affective et sous-estimer ce que pourrait apporter dans ce monde d’hommes le regard de femmes. Mais le prêtre sans sexualité est la marque du catholicisme (les autres Églises chrétiennes ont abandonné le célibat) et les scandales n’y changent rien. Si le rapport français a révélé que près de 3 % des prêtres étaient des prédateurs, des enquêtes équivalentes ont sans effet montré en Allemagne, aux USA, en Australie ou en Irlande des pourcentages entre 4,4 et 7,5 %. L’épiscopat communiquera son plan ce 8 novembre à Lourdes. À moins d’un miracle…

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