Solidarité à la belge

Inondations: la Flandre et la Belgique fédérale veulent aider la Wallonie. À s’endetter…

Solidarité à la belge
@ Belgaimage

Je n’ai qu’un mot: bedankt! Déjà, des tas de Flamands juste solidaires sont venus spontanément aider les ­Wallons à déblayer, racler et laver après les inondations. Et là, prenant exemple sur sa population, voilà que la Flandre politique montre elle aussi une belle empathie pour la Wallonie sinistrée. Via son généreux patron, Jan Jambon, la Région flamande fait savoir qu’elle veut “offrir” son aide financière à la Wallonie. Permettez? Je fais une pause pour verser une larme d’émotion. Un tel grand cœur chez un leader N-VA, moi ça me touche profond. Pardon? Vous dites que Jan “offre” juste à la Wallonie de lui faire un prêt? Un prêt avec des intérêts, alors? Donc la Flandre veut bien aider, mais seulement si elle touche des agios sur le dos des inondés wallons? Attendez, je refais une pause pour rentrer ma larme. Voilà. Et le fédéral? Lui aussi apporte son aide à la Région wallonne: 1,2 milliard pour reconstruire. Pardon? Ce n’est pas un don non plus? C’est encore un prêt? Ah. Donc si je me résume, la Flandre et l’État fédéral aident la Wallonie à s’endetter pour sauver ses sinistrés. C’est moi tout seul ou on est plusieurs à trouver ça malséant? Parce qu’en Allemagne, État fédéral comme la Belgique, un “Fonds de solidarité national” a été mobilisé dès le 15 août pour reconstruire la Rhénanie-Palatinat et la Rhénanie-Westphalie, dévastées par les pluies. Un bon 30 milliards financé pour moitié par l’État fédéral et pour moitié par les seize Länder du pays. Qui se cotisent donc pour sauver solidairement deux régions qui ne pourront pas s’en sortir seules. Et c’est gratuit. Un don. Point. Parce qu’en Allemagne les inondations sont une catastrophe “nationale”. Chez nous, c’est une catastrophe “confédérale”. Où la solidarité n’est donc plus que “bancaire”. Un peu gêné quand même par cette entraide très usurière, Alexander De Croo a promis “pour l’avenir” (donc pas pour maintenant) d’étudier “un mécanisme de solidarité en cas de calamités publiques d’importance nationale”. C’est-à-dire un Fonds des calamités… qui avait été régionalisé en 2014. À refédéraliser, donc, des fois que les prochaines ­inondations toucheraient la Flandre. Non, ça c’est mauvaise langue. Quoique.

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